L’Europe sous le signe de la jeunesse, du goût et des traditions…
Le Centre, l’Auvergne et le Limousin ont fêté cette journée de l’Europe en organisant ça et là quelques manifestations originales et ludiques pour mettre à l’honneur l’Europe et les européens.
Les couleurs de l’Europe ont pavoisé notamment dans les villes de Tours (37), Orléans (45), Clermont Ferrant (63), Gueret (23), Allègre (43) et du Puy en Velay (43). Du goût européen à la culture, en passant par les chants traditionnels des pays européens, ou le dialogue interculturel, la liste des initiatives est longue, mais il est intéressant de noter que se sont principalement les jeunes qui sont les moteurs de cette Fête de l’Europe. De nombreux lycées ont marqué l’événement, par exemple en diffusant l’hymne européen entre les cours, ou en distribuant des plaquettes d’informations aux étudiants. La mobilité des jeunes en Europe est un sujet qui intéresse de plus en plus les habitants de la région centre, et beaucoup d’associations favorisent cette mobilité notamment dans le cadre des études et des échanges culturels. Il faut reconnaître que les campagnes n’ont pas particulièrement fêté l’europe et que rares sont les drapeaux européens qui flottent sur les mairies des communes rurales. Beaucoup de chemin reste à parcourir pour mettre en valeur les atouts de l’Europe dans certains départements, et de gros efforts de pédagogie sont nécessaires, notamment lorsque l’on constate qu’un grand nombre de nos concitoyens ne connaissent pas le nombre d’états membres de l’Union. Cette journée aura notamment démontré que le fort attachement aux traditions locales n’est pas incompatible avec la construction européenne. L’Europe des terroirs est en marche … !
Augustin CHAZAL Pôle Études Membre du Groupe Santé & Sport
When Germany's Chancellor Angela Merkel received an annual Charlemagne Prize on Thursday last Week for helping unite Europe, French President Nicolas Sarkozy was on hand to sing her praises. He said that they make a "harmonious couple". In response, Merkel, who last year held the European Union's six-month presidency, thanked Sarkozy for standing by Europe. She wished him well for the French EU presidency starting in July, saying: "Germany will support France's work for the well-being of Europe." On accepting the prize, she insisted "Europe was and will be our common destiny".
The annual EU award, in the historic town hall of the western German city of Aachen, honoured Merkel for mediating a solution to the political crisis in the EU last year that led to EU reform. Among those on the guest list Thursday were Dutch Prime Minister Jan Peter Balkenende, Belgian Prime Minister Yves Leterme, Luxembourg Prime Minister Jean-Claude Juncker and King Juan Carlos of Spain.
The European leadership prize, awarded since 1950 in Aachen, a German city near the Belgian and French border, is named after the Emperor Charlemagne (768-814) who united a vast region of Europe from France to northern Germany. Previous winners include Winston Churchill, Tony Blair, Bill Clinton and Pope John Paul II.
(Source: Spiegel Online, Agence France Presse, Trend News Agency)
En Grande-Bretagne, le débat est vif depuis quelques semaines autour de la ratification et de l'adoption dans la loi britannique du Traité de Lisbonne.
En effet, aux dernières élections (2005), les trois principaux partis, Tony Blair en tête, avaient promis aux Anglais un réferendum sur l'adoption de la Constitution européenne. Entre temps, les Français et les Hollandais ayant voté contre, le réferendum promis n'a pas eu lieu et les Britanniques n'ont pas pu exprimé leur opinion.(The Economist)
L'opposition conservatrice arguant que le traité de Lisbonne « représente un important transfert de souvereineté de Westminster à Bruxelles » (The Economist) a déposé un amendement pour obliger le gouvernement de Gordon Brown à faire un réferendum sur l'adoption du Traité de Lisbonne.
Le 5 mars, jour du vote, à la chambre des Communes, David Cameron (leader du Parti Conservateur) a même interpellé Gordon Brown: « If it looks like a Constitution, it sounds like a Constitution, that's because it is a Constitution » (Guardian). Il a également évoqué le terme d'Etats-Unis d'Europe; « Tony Blair is running for the United States of Europe »; terme que récuse absolument le Premier Ministre Britannique. Il le prévient et insiste sur la différence entre le Traité et la Constitution « Si vous [...] persistez à parler 'd'États Unis d'Europe' et de traité constitutionnel, vous n'avez pas de soutien dans le reste de l'Europe » (Guardian). Mr Miliband, ministre des Affaires étrangéres, avertit même qu'un référendum qui aboutirait à un non mettrait le Royaume-Uni en marge de l'Europe (Telegraph) et ajoute que le Traité est une bonne chose pour le Royaume-Uni (BBC News).
L'amendement en faveur d'un référendum a finalement échoué suite à une âpre bataille qui a divisé les différents camps. Le mardi 11 mars 2008, les députés britanniques ont accepté, pour de bon cette fois, la ratification du Traité de Lisbonne qui va maintenant être soumis aux votes à la Chambre des Lords. Pour beaucoup, la promesse d'un réferendum de Tony Blair et du Labour n'a pas été respectée. Cela va-t-il remettre en cause la confiance des Britanniques dans le gouvernement de Gordon Brown?
Nous remercions très sincèrement, Monsieur le Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, qui a accepté de nous recevoir pour répondre à nos questions le 11 décembre dernier.
Bilan du Grenelle :
« Les agriculteurs sont les premiers écologistes ! »
Michel Barnier a envoyé un message fort aux agriculteurs et à leur participation essentielle au Grenelle de l’Environnement. Les agriculteurs sont les premiers concernés par les questions environnementales. Ceux sont les seuls qui ne travaillent qu’avec la nature. Dès qu’il se passe quelque chose dans l’eau, l’air, dès qu’il y a des mouvements climatiques, ceux sont les premiers touchés. « Les agriculteurs sont les premiers écologistes » et ont raison d’être présents dans ce combat.
Il était très important que le Grenelle se passe avec les agriculteurs. Ce qui a été fait, et ce n’est pas un hasard. D’ailleurs, au nom du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, ont été faites plusieurs propositions lesquelles ont été acceptées dans le Grenelle :
La biomasse (autonomie énergétique)
La biodiversité
L’agriculture biologique
L’autonomie énergétique des exploitations agricoles
Les pesticides : ils sont dangereux pour les agriculteurs d’abord ! Réduire de moitié si possible l’usage de produits phytosanitaires d’ici 10 ans avec le lancement de projets de recherche dans le même temps.
Les OGM :
« On ne peut pas laisser la recherche sur les OGM aux Chinois, aux Indiens ou aux Américains. C’est une question de souveraineté. Il faut préserver la recherche. »
Il y a un débat de plus en plus vif sur le sujet. Nous sommes en charge d’une politique complètement européenne. Il y a des inquiétudes. Il ne faut pas de silence, lequel entretient les peurs et la démagogie. Il faut répondre à cela par le débat. Ce que nous avons choisi de faire. Nous devons prendre le temps de ce débat. Il y a un projet de loi qui est préparé pour sécuriser l’utilisation d’OGM qui seraient utilisés en culture. Nous devons arriver à un débat plus rationnel, en tout cas moins irrationnel.
Enfin, un accent fort a été donné sur la recherche issue des OGM. On ne peut pas se permettre de ne pas faire de recherche, c’est une question de souveraineté pour notre industrie, pour notre agriculture et pour certaines thérapies.
La PAC, la réforme et la lutte contre la pauvreté:
« N’attendons pas 2013 pour commencer à réformer la PAC et ouvrir le débat ! »
« Nous voulons une grande politique agricole et de la pêche européenne. »
Des débats publics et transparents (en consultation sur le site du ministère pour voir le travail réalisé pour définir la position française).
Les politiques de l’agriculture et de la pêche sont les 2 premières politiques économiques européennes depuis le Traité de Rome (1957).
Nous devons adapter, améliorer, faire évoluer, moderniser, qu’elles soient plus durables, plus équitables, parce que c’est une force de l’Europe de pouvoir produire et exporter.
Le monde en a besoin, et pas seulement l’Europe. En 2050, nous serons 9 milliards sur la planète, il faudra doubler la production agricole pour nourrir correctement cette population.
4 objectifs et ambitions seront défendus sur le plan agricole :
« Nous devons produire plus et produire mieux » en matière de produits phytosanitaires. Avec des exigences légitimes en matières sanitaires écologiques et sociales.
Une politique qui s’appuie sur les territoires : nous voulons une politique de l’agriculture et de la pêche qui n’est pas concentrée, qui ne produit des produits aseptisés. Nous voulons des produits représentatifs des territoires.
Une politique d’alimentation qui s’appuie sur la préférence européenne, pour vérifier de la sécurité alimentaire des produits consommés. Nous devons pouvoir contrôler les produits que nous importons.
Une politique qui préserve à travers des taxes, et sans naïveté, la production européenne.
« L’investissement dans l’Agriculture est le meilleur levier pour lutter contre la pauvreté. C’est l’investissement le plus efficace. »
Aussi, la PAC doit participer à l’alimentation du monde:
Avec ses exportations,
par de la coopération en matière de normes sanitaires et écologiques. Des pays pourraient de doter d’un corpus normatif permettant un bon développement agricole de ces pays. Une coopération technique pour que ces pays deviennent autosuffisants. Il y a une véritable problématique en matière alimentaire et agricole de co-développement.
Par de la recherche et des échanges réciproques. Ces peuples ont des choses à nous apporter, par exemple dans le cadre de l’Union Méditerranéenne. Nous pouvons apprendre des choses sur l’agriculture pour faire face au stress hydrique, conséquence directe du réchauffement climatique à venir.
Enfin, la Banque Mondiale a récemment publié un Rapport démontrant que l’investissement dans l’Agriculture est le meilleur levier pour lutter contre la pauvreté. C’est l’investissement le plus efficace. L’agriculture est un réel sujet de société, et ce à l’échelle planétaire.
Le traité simplifié : la « boîte à outils »
« Il fallait sauver la boîte à outils, c’est ce qui a été fait ! »
L’entretien s’est achevé sur la signature du traité simplifié le 13 décembre qui a été signée par les 27. Michel Barnier, en rappelant l’expression de « boîte à outils » qu’il avait employée à l’occasion de la Conférence organisée par l’Atelier Europe courant 2006, s’est réjoui de cette avancée forte. Une fois ratifié, le traité facilitera les décisions dans cette Union Européenne à 27 et dote ainsi l’Europe d’un véritable levier pour avancer dans le grand Projet Européen.
Propos recueillis par Paul Doucet Co-Responsable du Groupe Développement Durable & Co-Développement
La tendance qui se dégage est une certaine méfiance, mais aussi un sentiment d'impuissance à agir.
Cela peut s'expliquer car la Haute Normandie est une région très dépendante des industries de tranformations, et des mutations qui en résultent.
Il est frappant de voir que l'unique réalisation concrète retenue par les sondés est l'Euro comme monnaie à une très large majorité. C'est une application considérée localement comme un recul, facteur d'augmentation des prix et de baisse du pouvoir d'achat.
Ce que l'Europe facilite en terme de circulation de flux, d'échanges, n'est pas évoqué. En ce qui concerne l'utilisation des fonds européens, les réalisations concrètes et visibles sont citées à part équivalentes. Un point un peu sarcastique sur la rémunération des députés européens.
Il est vrai que la population peut être méfiante à l'égard de spécialistes, surtout lorsqu'elle ne connaît pas vraiment leur rôle.
De même l'impact sur l'économie de ces réformes est totalement ignoré, voire rejeté, en référence à "c'était mieux avant". On peut en déduire qu'il y a des réticences à s'ouvrir au changements, aux mutations. Cela peut s'expliquer par la nécessaire reconversion de plusieurs secteurs économiques dans cette région.
Enfin, l'histoire locale influence lorsqu'il est question de l'événement qui a le plus marqué la construction de l'Europe: la fin de la 2nde Guerre mondiale. Il est vrai que la région a été particulièrement touchée. Quand aux autres réponses, elles reflètent davantage la connaissance des sondés envers période historique précise (antique, moyen-âge, contemporaine).
Au cours du printemps et de l'été 2006, j'ai au cours des différentesrencontres que j'ai eu abordé le sujet de la construction européenne. Au cours de la discussion, j'ai demandé à mes interlocuteurs s'il accepteraient de remplir un questionnaire sur la façon dont ils perçoivent l'Europe.
Ce premier sondage consiste à interroger des personnes de tous âges, de tous milieux sociaux. Leur seul point commun est de résider en Haute-Normandie. Ainsi, on obtient un aperçu local du resenti de l'Europe auprès d'une population donnée.
47 personnes ont accepté, c'est un échantillon strictement alléatoire, des personnes de tous âges et de tous milieux sociaux, de sensibilité politique diverse, sans être particulièrement engagés.
Ils ne s'intéressent pas vraiment à ces questions, si ce n'est lors des grandes échéances. Les questions posées étaient très précises, en demandantdes faits des références, et faisant appel au "bon sens".
Par conséquent, cette formulation a permis de cerner un état d'esprit envers l'Europe.
Voici les résultats chiffrés.
1) Connaissez vous une application concrète de l'Europe dans votre vie quotidienne :
L'Euro comme monnaie 60 % Les subventions agricoles 12 % la Libre circulation 15 % Les équivalences de diplômes 5% L'augmentation des flux économiques 8 %
2) Citez moi une utilisation locale de fonds européens :
Subventions pour la réfection de l'urbanisme, des espaces verts : 27% Promotion des énergies renouvelables : 35 % Développement économiques (zac) : 13 % Subventions agricoles : 20 % La rémunération des députés européens : 5 %
3) A votre avis, comment serait le prix de votre lave linge, de votre voiture, si nous n'étions pas au cœur d'un grand marché unifié ?
Je ne sais pas : 45 % identique : 20 % moins cher : 30 % plus cher : 5 %
4) En regardant l'histoire, quel est, selon vous l'événement qui a le plus marqué les pays européens ?
La chute de l'Empire romain, les Grandes invasions : 20 % La 2ème Guerre mondiale : 50 % Les invasions Vikings : 12 % La révolution russe : 8 % Le "non" à la Constitution européenne : 11 % La chute du Mur de Berlin : 9 %
Dirigée par Fabien Castelli, voici une nouvelle rubrique au blog de l'Atelier Europe! Merci et bienvenue Fabien!
La construction européenne, les fonctionnement des Institutions de l'Europe... De grands principes pas toujours bien compris de nos concitoyens.
L'Europe, jugée tantôt trop lontaine, trop technocratique suscite la méfiance, voire la crainte, mais très peu la curiosité.
L'Europe vue d'ici donne la parole à ceux qui vivent l'Europe, près de chez eux, qui la font, sans le savoir nécessairement ; afin de permettre à chacun de comprendre l'importance de ces réalisations.