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NdR: Après avoir demandé aux Députés européens "Pourquoi Nicolas Sarkozy?" lors de la campagne des présidentielles, l'Atelier Europe leur a proposé de répondre à quatre questions dans la perspective de la Présidence française de l'Union européenne, qui commencera dans moins de deux mois. Christine de Veyrac, Député européen du Sud-Ouest, inaugure cette nouvelle série. Nous l'en remercions chaleureusement. Les prochaines réponses seront mises en ligne au fur et à mesure de leur arrivée.Qu'attendez-vous de la Présidence française de l'UE ?Je souhaite que la Présidence française permette de dégager un accord entre les 27 sur la politique qui doit être celle de l’Europe face au changement climatique. C’est un sujet essentiel où, à ce jour, il n’existe pas de consensus. Il faut rapprocher les points de vue, et espérer qu’avant la fin de l’année un accord intervienne. L’an prochain en effet, aura lieu la conférence internationale de Copenhague pour actualiser les accords de Kyoto. A ce jour, ni les États-Unis, ni les pays émergents, qui figurent parmi les gros pollueurs de la planète, ne sont prêts à faire des efforts importants notamment pour réduire leurs émissions de CO2. Il est donc fondamental que l’Europe présente à Copenhague un visage uni pour peser fortement sur les négociations.
|  | J’attends par ailleurs de cette Présidence des progrès quant à la mise en place d’une politique de l’immigration commune. L’Espace Schengen de libre circulation s’élargit (aujourd’hui… 24 pays !), il convient donc d’avoir des règles communes. Je sais que le Ministre Hortefeux a déjà pris son bâton de pèlerin pour convaincre nos 26 partenaires de conclure un Pacte européen sur l’immigration. Un accord me semble envisageable dans cette matière pourtant difficile.Enfin, il serait souhaitable que l’on parvienne aussi à relancer l’idée d’une « défense européenne »… mais je ne me fais que peu d’illusion en la matière, les désaccords entre les 27 sont profonds, et toute réussite sur ce sujet relèverait de l’exploit !
La France a déjà défini quatre chantiers sur lesquels elle souhaite appuyer sa Présidence : immigration, l'énergie, environnement, Défense. D'autres sujets devraient-ils, selon vous, aussi être pris en considération ?Oui. Les 27 doivent dresser un Bilan de santé de la Politique agricole commune. C’est important de savoir ce qui marche, ce qui ne marche pas, ce qu’il faudrait conserver, ce qu’il faudrait modifier. La crise alimentaire mondiale nous montre en tous les cas que nous avons besoin d’une agriculture européenne forte et modernisée, si nous voulons continuer à nourrir nos concitoyens mais aussi une partie du reste du monde. Attention dans ces conditions à ne pas vouloir tout bouleverser et remettre en cause un édifice agricole européen qui jusqu’à présent a en grande partie fait ses preuves.
Avez-vous prévu des actions spécifiques dans votre circonscription au cours de ces 6 mois de Présidence ?Elles ont déjà débuté ! Il ne faut pas attendre le 1er juillet et les vacances pour parler de l’Europe et de l’action que mène notre pays ! Depuis avril, j’ai ainsi entrepris la tournée des départements de ma circonscription pour rencontrer la presse, les jeunes, et les militants de l’UMP, et ce afin d’expliquer les enjeux de la Présidence française de l’Union et la politique que souhaite conduire notre majorité.
Comment permettre à nos concitoyens de s'impliquer d'avantage dans cette Présidence ?Je crois que le Gouvernement a quelques idées sur la question. Il serait également très opportun que les grandes collectivités locales, qui souvent ont des budgets importants, s’impliquent aussi.
| Madame de Veyrac, en janvier, vous nous parliez des projets d'ouverture encadrée du service postal à la concurrence. La directive a été votée en juillet. Qu'apporte-t-elle? Comment être sûr que le courrier sera bien distribué dans les villages les plus reculés tous les jours ?: |
La directive a été votée en juillet dernier, en 1ère lecture, au Parlement européen. Sur de nombreux points, elle répond aux préoccupations des députés UMP, et en réalité de l’écrasante majorité des parlementaires, droite et gauche confondues, si l’on excepte les socialistes français.
Pour l’essentiel, ce texte prévoit donc d’introduire de la concurrence dans le secteur postal. Parce que la concurrence c’est sain pour l'usager. Elle tire l'offre vers le haut, comme en témoigne d’ailleurs les efforts de modernisation de la Poste française, depuis que cet établissement sait qu’il va être confronté à de nouveaux concurrents.
Oui à la concurrence… mais à une concurrence encadrée.
Alors que la Commission européenne souhaitait aller très vite dans l’achèvement de la libéralisation (rappelons que ce marché est déjà libéralisé pour les plis supérieurs à 50 g), le Parlement a repoussé de 2 ans, au 1e janvier 2011, la date d’ouverture à la concurrence. On laisse ainsi un délai supplémentaire aux opérateurs historiques pour se préparer.
D’autre part, le texte que nous avons voté prévoit noir sur blanc l'obligation de distribution à tous les usagers sur tous les points du territoire, au minimum 5 jours sur 7, à un tarif abordable. On ne peut être plus clair !
Cette obligation est explicitement assortie des mécanismes de financement du « Service Universel », qui seront autorisés : il est ainsi prévu que l’on pourra avoir recours aux subventions d'Etat ou à des péréquations financières entre l'opérateur qui couvrira l’ensemble du territoire et ses concurrents non soumis aux mêmes obligations.
De plus, ce texte vient d’être enrichi par le Conseil (qui regroupe les 27 Etats membres) à travers la publication d'une annexe dans laquelle sont décrits les différents coûts qui contribuent au Service Universel (coûts qui pourront donc être compensés par subvention ou péréquation). Ceci sécurise fortement les opérateurs qui auront à leur charge l'obligation d'assurer le Service Universel sur tout le territoire. Il n'y aura pas de surprise de voir un jour la Commission Européenne venir contester l'intégration de certains coûts dans le Service Universel… et ce d’autant que cette annexe a force juridique.
Vous le voyez, les craintes exprimées sur ce texte ne sont guère justifiées… et sont même, pour certaines, politiciennes. Preuve en est que 80% des parlementaires européens l’ont voté, dont la totalité des députés socialistes, à l’exception des français !
Prochaine étape maintenant : la 2ème lecture. Rendez-vous au 1er trimestre 2008, si vous le voulez, pour faire à nouveau avec vous le point sur ce dossier !
Nous remercions chaleureusement Madame le Député européen d'avoir participé aux Lundis de l'Europe et lui donnons rendez-vous en 2008.
Madame le Député européen Christine de Veyrac, membre de la Commission des transports et du tourisme dresse un panorama des transports en Europe: La politique des transports fait partie des politiques communautaires depuis l'origine.
Pendant des années, cette politique a été une coquille vide... jusqu'à la libéralisation des transports commencée dans les années 90.
L'Union européenne a ainsi imposé aux Etats l'ouverture à la concurrence du transport aérien, ce qui a fait baisser le prix des billets d'avion et favorisé l'apparition des compagnies à bas coûts.
Aujourd'hui, l'Europe est en train de finaliser la libéralisation du transport de passagers par train : à compter de 2009, la SNCF ne disposera plus d'un monopole sur les lignes internationales (un peu plus tard sur les lignes intérieures).
Mais la libéralisation n'est pas le seul objectif de l'Union. Elle veut renforcer, pour chaque mode de transport, la sécurité du citoyen et la protection de l'environnement.
Ainsi, les institutions européennes souhaitent en ce moment mettre l'accent sur la réduction des émissions de CO2 des différents modes de transport.
En matière de sécurité, l'Union européenne, suite au rapport parlementaire que j'ai présenté, publie depuis l'an passé la liste "noire" des transporteurs aériens interdits de vol dans l'Union, quand ils sont déficients en sécurité.
L'Europe a également renforcé les droits des passagers, avec la mise en place de législations pour les personnes à mobilité réduite et l'obligation faite aux compagnies aériennes de rembourser les passagers en cas d'annulation ou de retard de vol ou de refus d'embarquement. Le transport ferroviaire devrait d'ici peu se doter de règles similaires.
Coté route : le Parlement et le Conseil ont voté la création d'un permis de conduire européen unique, afin d'empêcher des conducteurs-fraudeurs de conduire.
Enfin, la politique européenne des transports vise aussi à renforcer les échanges entre les Etats membres à travers le développement d'un véritable réseau transeuropéen de transport, notamment en finançant le lancement de 30 autoroutes ou lignes ferroviaires qui traversent l'Europe et relient plusieurs Etats entre eux (ex : Thalys, Eurostar, ligne Lyon-Turin, TGV Est, ligne Paris-Bordeaux-Madrid etc...), mais aussi le financement du programme industriel de radionavigation par satellite (GALILEO), concurrent du GPS américain.
Chacun peut le constater : l'Union européenne est devenue très active en matière de transports, elle ne se limite pas à des objectifs purement économiques, elle est à l'écoute des besoins des citoyens par l'établissement de nombreuses règles visant à protéger les voyageurs, et par la mise en place d'une véritable politique de transport durable pour l'Europe. Nous remercions chaleureusement Madame le Député européen d'avoir participé aux Lundis de l'Europe.
Trois raisons principales inspirent mon engagement auprès de Nicolas Sarkozy lors de ces élections présidentielles :
| 1. Il a une bonne image en Europe : c'est un dirigeant crédible et respecté par nos partenaires. Cela compte lorsque l'on doit négocier à Bruxelles des arbitrages difficiles. 2. Son engagement européen est incontestable. Cela le différencie, notamment, de la candidate socialiste qui, favorable à l'entrée de la Turquie dans l'Union, a fait le choix de s'inscrire dans une logique de dilution de l'Europe. | 3. S'il est élu, N.Sarkozy aura, à la fois la personnalité, ainsi que les moyens politiques de la réforme. La personnalité (il n'est guère besoin de s'y attarder), pour bousculer les conservatismes. Les moyens politiques, puisque s'il est élu Président, il aura une majorité politique homogène pour gouverner. Or, je reste assez convaincue que pour gouverner, il est préférable d'avoir des gens qui sont d'accord sur le cap à suivre, plutôt que des gens qui se disputent quotidiennement sur les choix politiques à effectuer. A force de n'être, ni à droite, ni à gauche, les gouvernements de coalition (cf. l'exemple italien) finissent par se retrouver nulle part!
Bref, pour moi, Nicolas Sarkozy est le candidat le plus complet, celui qui offre les meilleures garanties de succès... pour la France !
Christine de Veyrac Député européen Conseiller municipal de Toulouse
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