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En début d'année, l’Atelier Europe a rencontré Jacques Barrot, Vice-président de la Commission européenne, et Commissaire en charge des transports. Dans un entretien d’un peu plus d’une heure, l’ancien Ministre français a répondu aux questions relatives à son portefeuille, mais également à celles qui concernent l’Elargissement de l’Union ou les leçons à tirer pour l’Europe de la crise financière américaine.


Ciel ouvert, overbooking et TGV


 À propos des accords dits « Ciel ouvert » adoptés récemment et d’un élargissement de ces derniers vers la Chine, le Ministre a affirmé que l’Union confirmera sa politique d’ouverture, déjà bien engagée avec  le Canada,  et qui ne négligera pas l’Asie.
Toujours dans le secteur de l’aviation, Jacques Barrot est revenu sur le problème de l’overbooking, qui touche directement la vie quotidienne des citoyens européens. Après une mise en relation avec les autorités nationales, qui traitent les plaintes des infortunés passagers, la Commission est aujourd’hui parvenue à établir une série de règles d’interprétation qui permettront à ces autorités d’agir clairement. L’année 2008 doit être une année d’application de ces nouveaux droits pour les passagers. 

Politique européenne des transports

Dans le domaine du rail, la question du coût de revient du TGV, par rapport aux objectifs recherchés en matière d’écologie et d’amélioration des voies de circulation, a été longuement débattue. L’une des priorités de la Commission est le développement du Fret à grande vitesse.

Jacques Barrot regrette le « manque d’ambition des États en matière de transport européen. » 

Le projet Erika


L’écologie fait partie intégrante du portefeuille des transports. Les  catastrophes telles que les marées noires frappent lourdement le transport maritime. Sur ce point, il faut rappeler le "paquet" législatif Erika3. Sur les sept propositions de ce projet, deux sont encore en délibération. Le Commissaire aux transports espère ainsi que la Présidence française permettra de mener à terme ce projet. 

Plateformes multimodales et biocarburants

Le programme Marco Polo met en application le développement des plateformes multimodales. Il prévoit notamment le financement des équipements du transfert modal. Ce budget, doublé pour 2007/2008, permettra d’équiper les grands ports de ces plateformes.

Concernant les problèmes posés par les biocarburants, Monsieur Barrot reprend les objectifs du Conseil européen, tout en insistant sur le nécessaire effort de recherche pour les biocarburants de deuxième génération..

Mobilité urbaine et Galileo

La décision de la Commission d’intervenir sur le plan de la ville, dans le domaine de la mobilité urbaine, alors que cela n’entre pas dans son champ de compétences, est sujette à controverse. Or Jacques Barrot souligne que la demande émane des villes elles-mêmes. En outre, ce plan pourra à l’avenir comprendre une assistance des usagers par le système satellite européen Galileo.


Le futur président de l'UE


Monsieur Barrot s’est ensuite exprimé longuement sur les conséquences de la nomination d’un Président de l’Europe. 

Union pour la Méditerranée

« La France a eu le mérite » selon Jacques Barrot de reconnaître l’importance de la rive Sud de la Méditerranée. C’est pourquoi il soutient le projet français d’une coopération entre l’Union et les pays riverains de la Méditerranée qui ne sont pas membres de l’UE. Toutefois il tient à distinguer ce projet de la question de l’intégration de la Turquie.

Les Balkans

Sur la question de l’élargissement de l’Europe aux Balkans,  Jacques Barrot se positionne comme un fervent défenseur de l’entrée des pays balkaniques dans le cercle européen. Leur histoire les place au premier rang pour accéder à l’Union. Il préconise que la France se positionne clairement sur cette question.

Crise financière


Monsieur Barrot s’est ensuite exprimé sur les conséquences de la crise financière américaine sur l’économie européenne. Le sommet de Londres du 29 janvier dernier a marqué la volonté de faire face à la crise. Mais l’Europe devrait surtout tirer les leçons de ces événements. Et le remède se doit d’être surtout préventif. Monsieur Barrot propose notamment d'accroître la transparence et la régulation du capitalisme financier, ainsi que les pratiques prudentielles des banques.  

Sécurité énergétique

  Sans concessions, Monsieur Barrot se positionne clairement pour une sécurisation européenne dans le domaine de l’énergie.

L'avenir politique de l’UE
Pour finir, Monsieur Barrot s’est montré très positif quant à l’avenir politique de l’Union européenne. L’Europe doit s’exprimer de manière concrète, pour affirmer son poids diplomatique et répondre ainsi aux demandes des pays membres, qui verront alors l’Union comme un ensemble qui à la fois les protège et leur permet de peser dans la mondialisation.


L'Atelier Europe remercie vivement Monsieur le Vice-président pour sa disponibilité et sa chaleureuse contribution.


Jérôme CLOAREC
Responsable du Bureau de Bruxelles
Charline DURAND-WOLFF
Pôle Journal



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Nicolas Sarkozy et Abdelaziz Bouteflika
10 juillet 2007.
Photo © D.R.

Suite aux différents projets qui ont plus ou moins aboutis entre les pays du sud méditerranéen et certains pays européens (Espagne, France…), Nicolas Sarkozy souhaite insuffler un nouvel élan à la politique méditerranéenne en instituant une Union Méditerranéenne.

Son rôle et son action seraient de renforcer le partenariat des politiques économiques, migratoires et de codéveloppement entre les différents acteurs.

 

La genèse de l’Union Méditerranéenne:

Lors de sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait envisagé la création de cette Union Méditerranéenne. Loin d’être le clone d’une "Union Européenne du Sud", celle-ci serait avant tout une organisation de coopération économique où les pays membres jouiraient d’un statut de « partenaire privilégié » à l’image de ce que souhaite le chef de l'État pour la Turquie.

C'est lors de la campagne de l'élection présidentielle que quelques éléments de contenu ont été donnés :

  • Lutte contre le terrorisme ;
  • Gestion concertée des migrations ;
  • Développement des échanges économiques (commerce, investissements, énergie, gestion de l’eau, ...)
  • Institutions communes : un Conseil, une Banque, des rencontres périodiques des chefs d’Etat.

 

Quelle forme et quelles institutions pour l’Union Méditerranéenne? :

En initiant les nouvelles bases de cette politique méditerranéenne, Nicolas Sarkozy souhaite aussi s’appuyer sur les politiques de coopérations déjà existantes depuis 30 ans (union douanière, accords de commerce et de coopération…) . L’union Méditerranéenne s’inscrit donc dans une continuité de projets et d’ambitions. Cette politique volontariste pour le développement du monde méditerranéen reflète aussi l’ambition d’affirmer l’héritage d’une civilisation méditerranéenne porteuse de valeurs universelles. Les différentes cultures du monde méditerranéen, fières d’un certain héritage humaniste, sont aussi tournées vers un avenir commun dont l’Union Méditerranéenne est la plus belle illustration.

Le projet étant encore au stade de l’étude, aucune forme particulière d’institutions n’a été décidée pour l’Union Méditerranéenne. Lors d’une conférence à l’IFRI le 22 novembre denier, l’ambassadeur en charge du projet du projet d'Union Méditerranéenne, Alain Le Roy, a précisé que la France était à l’écoute des idées et des propositions des partenaires intéressés.


Les domaines d’actions de l’Union :

Le rôle de l’Union Méditerranéenne ne sera pas de se substituer aux politiques bilatérales déjà existantes. Ainsi l’Union Méditerranéenne jouera un rôle prépondérant dans la coopération économique et son action restera en dehors du champ politique. Pour mettre en place ces projets de coopération économique une Banque Méditerranéenne d’Investissement pourrait être créée.

La réunion des dirigeants des Etats riverains de la Méditerranée qui aura lieu en France à l’invitation de Nicolas Sarkozy, en juin 2008, devrait être consacrée à la "sélection d’un nombre limité de ces projets", a expliqué l'Ambassadeur en charge du Projet de l'Union Méditerranéenne Alain Le Roy. D’ici là, la diplomatie française travaillera avec ses homologues méditerranéens ainsi qu’avec la société civile pour "proposer, élaborer et évaluer" des propositions de coopération, a-t-il ajouté.

Néanmoins le Cercle des économistes a déjà identifié cinq domaines d’action potentiels pour la future Union méditerranéenne : l’agriculture et la pêche, l’industrie (et particulièrement l’énergie, le textile et les technologies de l’information et de la communication), l’immigration choisie, l’investissement (notamment le financement des PME) et la protection civile (incendies, ...).


Quid des membres de cette Union?
L’Union Méditerranéenne est une organisation ouverte à tous les pays riverains de la Méditerranée souhaitant s’engager davantage dans la coopération économique. Selon Alain Le Roy, « l’engagement des pays dans l’Union pourra se faire à géométrie variable ». Néanmoins, certains domaines, comme les pollutions marines, ne pourront être traités efficacement qu'avec l'implication de l’ensemble des pays de l’Union.

Alain Le Roy, ainsi que le secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes, Jean-Pierre Jouyet, mènent actuellement une diplomatie active pour tenter de faire surmonter le scepticisme de certains partenaires de la France, au Sud comme au Nord de la Méditerranée. Ils s'attachent notamment à préciser le contenu du projet français à des pays comme le Portugal, l’Espagne ou l’Allemagne.


Le projet d’Union Méditerranéenne, porté par Nicolas Sarkozy, se situe dans la continuité des politiques déjà existantes entre certains pays et mises en oeuvre par le processus de Barcelone. Ces politiques ont notamment  contribué au développement d'un fort partenariat économique entre les pays européens et les pays du sud Méditerranéen. A un stade moins avancé le développement des coopérations politiques (particulièrement en raison des conflits au proche-orient), sociales et culturelles demeure un des objectifs essentiel du processus de Barcelone et sera donc aussi poursuivi au sein de l'Union Méditerranéenne.

Le nouveau projet d'union Méditerranéenne a pour but essentiel de développer la coopération économique, de définir en commun des politiques migratoires et de codéveloppement. C’est aussi, après la construction de l’Union Européenne, une grande ambition pour affirmer l’héritage culturel commun des pays riverains de la Méditerranée, et leur proposer ainsi un avenir tourné vers la paix, l’échange, le développement et la prospérité.

 

Cédric GAUTHIER
Atelier Europe
Groupe Développement Durable & CoDéveloppement





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  L'UMP a salué vendredi 14 décembre la signature du Traité de Lisbonne en organisant un duplex sur internet autour de personnalités européennes: 

Patrick DEVEDJIAN
Secrétaire Général de l'UMP

Michel BARNIER
Vice Président du PPE, Ministre de l'Agriculture et de la Pêche, en direct de Dijon

Wilfried MARTENS
Président du PPE, en direct du siège du PPE à Bruxelles

Philippe MOREAU DEFARGES
Chercheur à l'Institut Français des Relations Internationales (IFRI)

Luís Filipe MENEZES
Président du PSD, en direct depuis Porto

Les différents échanges peuvent être vus ici.

Notons en particulier l'intervention de Monsieur Patrick DEVEDJIAN, Secrétaire général de l'UMP, qui s'est prononcé contre l'utilisation de la proportionnelle aux élections européennes et en faveur du maintien d'un référendum pour l'adhésion de nouveaux membres à l'UE, comme la Turquie.

Répondant à notre question sur la sur-utilisation de l'anglais au sein des institutions et du PPE, Monsieur MARTENS, conscient de ce problème, a appelé à engager plus de moyens pour favoriser la diversité linguistique... Pour que l'Europe soit plus proche des citoyens, en somme, il ne suffit que d'un peu de volonté... politique! A nos représentants de s'en saisir!

Cette journée fut aussi l'occasion de présenter un livret édité par l'UMP afin de présenter le Traité de Lisbonne. N'hésitez pas à le télécharger et le diffuser autour de vous.

Enfin, cet interview de Jean-Pierre Raffarin est un premier aperçu de la préparation de la présidence française de l'année prochaine:


Adrien Honda-Bornhauser
Responsable du Pôle Journal et du site


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 La politique de voisinage semble donner peu de résultats concrets. Comment l'UE pourrait-elle davantage aider ses voisins orientaux, comme l'Ukraine ou la Biélorussie ? Quels nouveaux cadres de coopération serait-il possible de mettre en place ?
Monsieur le Député européen Alain Lamassoure nous répond.


    Le problème principal posé par la politique de voisinage de l’Union n’est pas dans l’Union mais dans les pays concernés.

    Après un demi-siècle de politique de coopération envers les pays en développement, après les exemples européens du Plan Marshall, des fonds structurels du budget communautaire, de l’aide au Mezzogiorno italien, les échecs incroyables de tant d’Etats riches de pétrole ou de matières premières, et les exemples contraires donnés par les pays émergents d’Asie et d’Amérique latine, la cause est entendue : le développement dépend dix fois plus des efforts propres des Etats que du niveau de l’aide extérieure ou des richesses géologiques. L’aide n’est utile que si les pays bénéficiaires ont la capacité politique et administrative de l’utiliser efficacement et d’en faire profiter un maximum de la population. Bref, le développement dépend de la gouvernance interne, bien plus que de la générosité externe.

    La grande difficulté pour les pays donateurs est de parvenir à faire admettre aux bénéficiaires les réformes politiques correspondantes. Entre anciens colonisateurs et colonisés, c’est pratiquement impossible. Entre pays européens, nous y sommes parvenus, en contrepartie de la promesse faite aux intéressés de devenir membres de la famille de la Communauté européenne. Les réussites ont été ici remarquables : l’Irlande, qui était le pays le plus pauvre du continent lorsqu’elle est entrée dans la CEE, est aujourd’hui l’un des trois plus riches. Après l’Espagne, le Portugal, la Grèce, les pays de l’Est sont entrés à leur tour dans ce cercle vertueux.

    Mais comme Nicolas Sarkozy le rappelle souvent, il n’y aura pas d’Europe politique possible sans frontières ultimes. Vis-à-vis de la Turquie et des pays sud-méditerranéens, nous devons inventer un nouveau mode de relation, qui permette d’aider ces pays à devenir des démocraties modernes et développées, sans pouvoir leur offrir l’entrée dans l’Union. C’est l’enjeu du statut de « partenaire associé » que notre nouveau Président a proposé officiellement au Premier Ministre Erdogan, et, au-delà de la Turquie, du projet d’Union méditerranéenne, qui devrait être lancé pendant la présidence française.

    Les pays balkaniques, comme l’Ukraine, la Moldova, la Biélorussie représentent un cas différent. S’ils le souhaitent, ces pays européens peuvent avoir vocation à rejoindre l’Union, mais ils sont encore très loin de remplir les conditions politiques élémentaires : la Biélorussie est restée une dictature quasi stalinienne, la Moldova et plusieurs pays issus de la Yougoslavie n’ont pas encore décidé de leurs propres frontières et de leur statut national, tandis qu’en Ukraine les promesses de la « révolution orange » seront manifestement longues à tenir.

    Vis-à-vis de ces pays, ce que nous pouvons faire de plus utile, c’est les aider à gagner leur indépendance énergétique à l’égard de la Russie. C’est un des enjeux majeurs de la politique énergétique européenne que le nouveau traité permettra à l’Union d’engager dès 2009.



L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il lui apporte.
Nous vous invitons à le retrouver sur son site.





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 La Turquie revient sur le devant de la scène et certains affirment même que le Président de la République se renie. C'est à Monsieur le Député européen Alain Lamassoure que nous avons posé la question "Nicolas Sarkozy a-t-il fait volte-face sur la Turquie?"


                  Non. Seuls l’ont cru ceux qui préféraient ne pas l’écouter. Il s’est exprimé très clairement sur le sujet dans son discours devant la Conférence des ambassadeurs, fin août, et de nouveau le 10 septembre, devant les journalistes allemands, en présence d’Angela Merkel : son objectif est de réorienter les négociations engagées par l’Europe avec la Turquie vers un partenariat privilégié à la place de l’adhésion. Il l’a dit catégoriquement au Premier Ministre turc Erdogan.

Sur le fond, la question est donc réglée. Elle l’est d’autant plus que, depuis la campagne référendaire en France et aux Pays-Bas, et depuis que le nouveau Président français a eu le courage de dire tout haut ce que tant de citoyens pensent tout bas, les opinions publiques se sont réveillées un peu partout en Europe, et leurs dirigeants sont devenus eux-mêmes beaucoup plus circonspects.

La question qui se pose maintenant est de savoir comment on passe d’une négociation à l’autre – l’intérêt de tout le monde étant d’éviter une crise politique majeure entre l’Europe (et notamment la France) et la Turquie, à qui nos prédécesseurs avaient des promesses aussi imprudentes que précises. En pleine cohérence avec sa position, le nouveau Président français accepte que l’on ouvre avec la Turquie les chapitres de la négociation qui prévoient une coopération indépendamment de l’adhésion (commerce, transports, environnement, etc), mais il s’est opposé à l’ouverture des autres (monnaie, par exemple). En même temps, il suggère la mise en place d’un Comité des sages pour réfléchir aux frontières ultimes de l’Union, et il propose à tous les pays riverains de la Méditerranée d’étudier la possibilité d’une Union méditerranéenne, différente de l’Union européenne, mais prenant en compte l’originalité de la relation nord-sud. C’est ce qu’on appelle chercher une sortie de crise par le haut.





L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il lui apporte.
Nous vous invitons à le retrouver sur son site.



Verbatim :
- « Pas de France forte sans l’Europe, pas d’Europe forte sans la France », affirmait Nicolas Sarkozy lors de la conférence des ambassadeurs qui se tenait le 27 août à Paris.
- « La France est de retour en Europe mais l'Europe attend la France au tournant » répond   José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne à l'Université d'été du Medef.

Actualités européennes :
  • Affaires étrangères : le Kosovo et le mini traité sont au programme des ministres européens des affaires étrangères. Alors que Bernard Kouchner demande à l’Europe de s’engager réellement pour le Kosovo, la Pologne reste réticente à la nouvelle proposition de traité européen. A cela vient s’ajouter une autre préoccupation européenne concernant les relations dégradées avec la Russie en matière énergétique .
  • Agriculture : Après le « bilan de santé » de la PAC dressé par Michel Barnier lors des assises de l’Agriculture, Nicolas Sarkozy relance le débat sur la réforme de cette politique commune et en fait une de ses priorités
  • Présidence Française : Jean-Pierre Jouyet dresse les axes du programme français pour l’Europe qui débutera en juillet 2008. Quatre grands axes ambitieux attendent l’Europe :
- La croissance et l’emploi
- La protection des citoyens et l’immigration
- L’Europe du futur : passer de la politique aux actes
- L’influence de l’Europe sur la scène internationale
  • Environnement : Alors que le Grenelle de l’environnement approche, la France veut détrôner l’Allemagne en matière d’exemple.
  • Elargissement : En Turquie, l’élection d'Abdullah Gül à la présidence de la République turque, donne, pour le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso,  « un nouvel élan immédiat et positif au processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (...) via des avancées dans plusieurs domaines clefs»

Revue de presse :
- Lors de son déplacement en Hongrie le 14 septembre dernier, Nicolas Sarkozy a voulu montrer le retour de la France en Europe centrale.
- L’Allemagne et la France à l’unisson lors du 3ème sommet informel du 10 septembre 2007
- « La Turquie se dote d’un gouvernement pro-européen . »
- Nicolas Sarkozy modère sa position sur l’éventuelle adhésion de la Turquie à l’UE.  Cette inflexion est accueillie avec enthousiasme par Bruxelles. (Le Monde – 28 Août 2007)
- Nouvel embargo sur la viande britannique après la découverte d’un foyer de fièvre aphteuse
- Les débats sur la PAC s’ouvrent avant l’heure : prévus pour novembre 2007, certains en parlent déjà, à commencer par la France.


Pause café :
Ce week-end, du 15 au 16 septembre 2007, participez aux 24èmes journées européennes du patrimoine


Agenda :
Les grands rendez-vous:

o 15 septembre 2007 : Réunion Ministérielle Euroméditerranéenne des ministres ECOFIN
o 18 octobre 2007 : Réunion des chefs d'Etat et de gouvernement ;
o 26 octobre 2007 : Sommet UE/Russie ;
o 28 novembre 2007 : Sommet UE/Chine ;
o 10-11 décembre 2007 : Conseil affaires générales et relations extérieures (CAGRE) ;
o 13 décembre 2007 : Conseil européen à Bruxelles.



En partenariat avec le blog 14 juillet 2007


    À l'occasion de la fête de l'Europe, l'Atelier Europe de l’UMP a organisé une soirée-débat sur le thème de « L’avenir des relations franco-allemandes dans une Europe élargie » en la présence de Monsieur Christian Heldt, Diplomate allemand et Conseiller auprès du Ministre français des Affaires Etrangères.


    Dans son propos introductif Vincent Yquel, Responsable de l’Atelier Europe, a salué les propos d’Angela Merkel qui au lendemain de la « victoire éclatante » de Nicolas Sarkozy a exprimé sa volonté « d’intensifier les relations-franco allemandes ». La modération du débat a été ensuite assurée par Camille Servan-Schreiber, Responsable du Pôle Etudes, Arnaud Magnier, Responsable des relations avec le Parlement Européen et Vincent Yquel.


    Monsieur Christian Heldt a souligné  qu’en dépit de réelles réussites de la coopération franco-allemande, beaucoup de lacunes persistent dans notre compréhension de l’autre. Ceci est vrai, par exemple, au niveau de la compréhension du fonctionnement des structures législatives. Ainsi, en Allemagne, les lois doivent être adoptées par tous les Länder avant d’être adoptées au niveau fédéral. Sur le projet de traité simplifié proposé par Nicolas Sarkozy, Monsieur Christian Heldt souligne que la classe politique allemande a plutôt bien accueilli ce projet. L’objectif de la Présidence allemande  est d’ailleurs de trouver un consensus avec les partenaires européens sur UN traité constitutionnel (et non sur LE traité constitutionnel).  Monsieur Christian Heldt a dailleurs rappelé la position exprimée par Michel Barnier sur ce sujet : Il faut rapidement se mettre d’accord sur une « boite à outils » qui puisse faire fonctionner cette machine énorme qu’est devenue l’UE à 27.

    Sur la question de l’élargissement et plus particulièrement sur la question de la Turquie, Monsieur Christian Heldt rappelle qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont des points de vue similaires. Madame Angela Merkel est en effet très attentive au concept de « capacité d’absorption » de l’UE. Malgré les engagements pris par son prédécesseur G. Schröder, elle privilégie la piste des « partenariats privilégiés », que ce soit avec l’Ukraine ou avec la Turquie.

En conclusion, Monsieur Christian Heldt a expliqué qu’il faudrait mettre encore « plus de bonne volonté et de tolérance » dans nos relations.


Un compte-rendu est aussi disponible ici.
Des photos sont en ligne .

Voici un compte-rendu de la rencontre informelle organisée par l'Atelier Europe sur le thème de "L'avenir de la coopération Franco-allemande dans une Europe élargie" avec pour invité Monsieur Christian Heldt, Diplomate allemand et Conseiller du Ministre des Affaires étrangères.


« La proximité culturelle entre la France et l’Allemagne ne doit pas être que virtuelle »


    Quelle est la réalité de la coopération franco-allemande dans la pyramide des structures de décision politique ?
La relation franco-allemande est presque toujours abordée de façon dogmatique. Au-delà du « marketing politique » que l’on perçoit en marge des sommets bilatéraux, quelle est la réalité de cette coopération dans les sociétés civiles, entre les universités, les parlements et les collectivités locales etc… ?

    Christian Heldt a souligné  que la proximité souvent mise en avant entre la France et l’Allemagne court le danger d’être virtuelle. En effet, beaucoup de lacunes persistent dans la compréhension de l’autre, de sa structure politique, de ses processus de prises de décision, etc…
    Par exemple, en Allemagne, les décisions sont préparées selon une mécanique « bottom-up » : ce processus est généralement long, mais donne des résultats très stables.  A l’inverse, en France, les décisions émanent d’un processus plutôt « top-down » et peuvent donc être l’objet de réajustements ultérieures. Autre exemple : les structures législatives  sont différentes. En Allemagne, les lois, avant d’être adoptées au niveau fédéral, doivent en partie être validées par tous les laender dès lors que le projet touche à leurs compétences (éducation, JAI, etc.). Compte tenu de ces différences importantes dans les structures nationales, des  lacunes dans la connaissance de l’autre peuvent parfois engendrer des malentendus entre partenaires, simplement parce que l’on ne comprend pas ses modes de fonctionnement, ou qu’on les interprète comme un signe de mauvaise volonté.
    Quelques exemples fréquents et concrets :
- Le recrutement politique : très centralisé en France, il se fait plutôt au niveau des laender en Allemagne.
- Des conceptions de la société civile très différentes, illustrées notamment par de grosses différences de budgets dont disposent les grandes fondations politiques et indépendantes.
- En revanche, le réseau d’échanges franco-allemand est plutôt bon, avec des programmes d’échanges entre les deux Ministères des Affaires étrangères mis en place il y a plus de 20 ans (communication permanente entre les fonctionnaires). D’autres, depuis, ont suivi l’exemple.

    Un symbole de ces différences interculturelles : le cas de la gouvernance de grandes entreprises telles qu’EADS. Alors que du côté français, l’Etat est souvent présent dans les consultations par de jeunes diplômés de grandes écoles, généralement peu rompus aux milieux des affaires ; du côté allemand en revanche, la culture industrielle est très forte et n’accepte pas que de hauts fonctionnaires - voire des politiques – s’immiscent dans les processus décisionnels.

    Quelle est l’évolution de la coopération franco-allemande depuis la chute du mur ?
    Depuis 1989 et la disparition du phénomène des deux Allemagnes., il y a moins de nombrilisme germano-allemand. Les relations extérieures de l’Allemagne se sont progressivement normalisées, le pays est de plus en plus disponibles pour assumer de lourdes responsabilités internationales. L’Allemagne a par exemple envoyé de plus en plus souvent des troupes dans les zones de conflit (au Kosovo par exemple) depuis la chute du mur de Berlin.

    En revanche, si l’on compare la situation actuelle à l’esprit qui prévalait dans les années 1950, insufflé par les pères fondateurs de l’Europe, Christian Heldt considère qu’il manque parfois aujourd’hui un volontarisme politique plus fort en Europe: on ne peut se contenter de se reposer uniquement sur l’acquis, sans faire l’effort de continuer à vouloir se connaître et à se comprendre. De surcroît, de vieux réflexes de renfermement nationaliste se font jour en Europe, donnant davantage de responsabilités au couple franco-allemand pour la construction d’une Europe politique ambitieuse.

    Sur le projet de traité simplifié proposé par Nicolas Sarkozy :
    La classe politique allemande a plutôt bien accueilli ce projet. L’objectif de la présidence allemande  est de trouver un consensus avec les partenaires européens sur un traité constitutionnel (et non sur le traité constitutionnel) pour pouvoir lancer la nouvelle Conférence intergouvernementale qui se tiendra pendant la présidence portugaise à partir du mois de juillet.  Christian Heldt a cité sur ce sujet le raisonnement de Michel Barnier : il faut rapidement se mettre d’accord sur une « boite à outils » qui puisse faire fonctionner cette machine énorme qu’est devenue l’UE à 27, pour passer dans un deuxième temps à une réflexion plus large sur les grands objectifs politiques.

    Elargissement : Turquie et Ukraine
    Sur la question de l’élargissement, les dirigeants français et allemands ont des analyses similaires en ce qui concerne l’adhésion de la Turquie. Mme Merkel - tout en étant soucieuse du critère de « capacité d’absorption » de l’UE - a du se conformer aux engagements pris par son prédécesseur à la chancellerie, Gerhard Schröder. Cette fidélité à l’engagement pris par les autorités allemandes d’ouvrir les négociations ne garantit par contre une adhésion pleine de la Turquie, qui supposerait un plein respect des critères, ce à quoi cet Etat est loin d’être arrivé...
Auparavant et comme leader de l’opposition, Angela Merkel avait été la seule personnalité politique européenne à défendre la piste du « partenariat privilégié» à Ankara même. Que ce soit avec l’Ukraine, les voisins à l’Est ou sur la rive Sud de la méditerranée, le développement de politiques de voisinage fortes et de partenariats intéressants à la fois pour l’Europe et ses voisins concernés sera un défi majeur.

    Divergences entre la France  et l’Allemagne :
    Les divergences concernant le statut de la BCE et « l’Euro fort » sont pour l’Allemagne liées à la dimension psychologique de la question monétaire. Le remplacement du Deutsche Mark par l’Euro et de la Bundesbank par la BCE a changé cet aspect de l’identité allemande forgée dans l’après-guerre. Les Allemands sont ainsi très attachés au statut de la BCE.  Christian Heldt a rappelé que malgré un Euro fort,  les exportations allemandes se portent bien, et que les polémiques en France n’étaient pas partagées par le patronat et la classe politique allemande. En revanche, si la croissance reprend à un rythme soutenu dans les deux pays comme on l’observe actuellement, Christian Heldt a l’espoir que des convergences seront possibles à l’avenir dans les discussions sur le rôle de la BCE.

    Un autre point de désaccord concerne l’énergie nucléaire, sujet très sensible en Allemagne depuis le début du mouvement antinucléaire fin des années ‘70, et cheval de bataille de l’ancien gouvernement qui a passé une loi sur la fin progressive de  l’énergie nucléaire dans les 25 prochaines années. L’effet psychologique et la situation légale jouent donc sur les positions de l’actuel gouvernement de grande coalition, qui ne met pas en question ces positions du SPD engagés dans le précédent gouvernement. En revanche, les débats sur la dépendance énergétique (notamment vis-à-vis de la Russie) et sur le réchauffement climatique sont au centre de l’attention en Allemagne, et pourraient aboutir sur le long terme, à un réexamen du mix énergétique dans sa totalité.

    L’avenir du triangle de Weimar et les différents formats de coopération :
    Ce format de concertation trilatérale entre la France, l’Allemagne et la Pologne est souvent perçu en Europe centrale comme un mariage entre