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Cinquante ans ont passé depuis la première réunion de l'Assemblée Européenne, créée par le Traité fondant la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier. Le 19 mars 1958, 142 représentants parlant les quatre langues officielles de la Communauté se réunissaient dans le cadre de ce qui allait devenir en 1962 le Parlement Européen. Depuis 1979, les Députés européens sont élus au suffrage universel.

Avec les traités et les élargissements successifs, le Parlement s'est agrandi et ses compétences se sont étoffées: il compte aujourd'hui 785 députés s'exprimant dans 23 langues officielles et regroupés dans 7 groupes parlementaires. Ils représentent environ 500 milions de citoyens. Le Parlement Européen dispose d'importants pouvoirs législatifs et budgétaires; il est sur un quasi-pied d'égalité avec le Conseil des Ministres et exerce un contrôle politique sur la Commission. C'est ce que son Président, Hans-Gert Pöttering, a rappelé dans le discours prononcé mercredi 12 mars 2008, à l'occasion des célébrations tenues dans l'hémicycle de Strasbourg. Le Premier Ministre slovène Janez
Janša et le Président de la Commission, José Manuel Barroso ont également prononcé des allocutions, avant que l'Orchestre National de la Jeunesse ne joue l'Hymne à la Joie de Ludwig van Beethoven.


Séances plénières

La semaine qui a débuté le 10 mars n'a pas été uniquement une occasion de célébration. Jusqu'au 13 mars, les Députés se sont réunis à Strasbourg pour la principale séance plénière du mois. Le Président a ouvert la session avec un homage à Gilles Polin, le soldat français de l'EUFOR tué à la frontière entre le Tchad et le Soudan.

Dans sa déclaration sur la violence au Proche-Orient, Hans-Gert Pöttering a insisté sur le fait que «L'UE doit investir davantage sur le plan politique pour donner un véritable sens à son aide financière». Dans la soirée de lundi, les Députés ont débatu du rapport de Paolo Costa (ALDE) sur les règles commnunes en matière de sécurité aérienne, ainsi que du rapport de Gabriele Albertini (PPE-DE). Avec pour objectif de définir les outils pour développer des transports durables, ce rapport propose l'intensification de la recherche sur les biocarburants et les gaz à effet de serre. Il préconise également une taxation ciblée et la modification des comportements de consommation

Pour contribuer à couvrir les coûts des mesures d'urgence que la Grande-Bretagne a dû prendre après les inondations de l'été 2007, les Députés ont décidé de mobiliser le Fonds Européen de Solidarité, qui vient en aide aux États-membres en cas de catastrophe naturelle.

Mardi 11 mars, Toomas Hendrik Ilves, Président de l'Estonie, s'est exprimé devant le Parlement. Il a souligné que l'Europe devra se doter d’une politique énergétique commune et s'impliquer plus activement dans sa politique de voisinage.
Le rapport de Lutz Goepel (PPE-DE), un «bilan de santé» de la PAC réformée, a été soumis au débat. Il récommande d'approuver les propositions de la Commission européenne. Le transfert des fonds du marché direct aux mesures de développement rural et la limitation des aides directes aux agriculteurs ont été les mesures les plus critiquées par les Députés. Selon la proposition de la Commission, les quotas laitiers seront augmentés de 2% par les États-membres à partir du 1er avril 2008. Cette mesure a été très critiquée par Elisabeth Jeggle (PPE-DE), auteur d'un rapport consultatif sur le sujet.
Le même jour, les Députés européens ont voté la création d’un Institut Européen d'Innovation et de Technologie, l'adoption des règles communes en matière de sécurité aérienne et ils ont approuvé une aide de 162 millions d’Euros allouée au Royaume-Uni.

Avant de célébrer le cinquantième anniversaire de leur institution, les Députés ont discuté les sujets qui allaient être abordés lors du Sommet européen de printemps: l’emploi et la croissance, l’énergie, le changement climatique et les turbulences sur les marchés financiers. Ils ont également entendu le rapport de la portugaise Ana Gomes (PSE), qui défend une nouvelle stratégie européenne en Irak: «L’Europe doit s’assurer que l’Irak soit un pays fédéral démocratique, dans lequel l’Etat de droit prévaut et qui respecte les droits de l’homme et de la femme», a-t-elle expliqué dans l’hémicycle.

Finalement, la politique européenne de développement, ainsi que l'aide au développement fournie par les nouveaux États-membres ont occupé les débats des europarlementaires jeudi 13 mars. Le rapporteur Danutė Budreikaitė (ALDE) a expliqué que nombre d'entre eux n’atteindront probablement pas les objectifs qu'ils se sont fixés en matière d'aide au dévéloppement (0.17% de leur PIB d’ici 2010), à cause de leurs «ressources financières et humaines limitées». C'est la raison pour laquelle ils devraient pouvoir orienter leur aide vers leurs voisins de l’Est de l’Europe, étant donné que la politique de développement et la politique européenne de voisinage sont «complémentaires».

Lors d'une séance plénière extraordinaire tenue le 26 mars à Bruxelles, le Parlement Européen a débatu des résultats du sommet de printemps de l'UE avec le Président de la Commission et le Président du Conseil, Janez Janša; la séance a été suivie d'une conférence de presse du Président du PE, Hans-Gert Pöttering et de Monsieur Janša.



Alexandra GEROTA
Pôle Journal



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 Cliquez ici Après 4 années de négociations, un accord aérien historique entre Bruxelles et Washington signé le 30 mars 2008 permet de relier sans restriction l'ensemble des villes des 2 continents! Un vaste marché peut s'ouvrir avec des tarifs plus bas, davantage de destinations et de fréquences


Un peu d'histoire...


Le fort développement du transport aérien est lié à l'ouverture de cette industrie à la concurrence.
Toujours dans cet esprit de libre-concurrence et de compétitivité au profit de l'économie et des citoyens européens, le ciel communautaire constitue un formidable exemple des bienfaits du projet européen.

Depuis 1997, les compagnies aériennes européennes ont la pleine liberté d'offrir des vols selon les demandes du marché.

À ce jour, les résultats sont significatifs:

  • doublement du trafic aérien en Europe entre 1995 et 2004
  • création de 1,4 millions d'emplois
  • le développement des compagnies "low cost", comme Ryanair, Easyjet, ...  D'ailleurs, Jacques Barrot, dans "L'Europe n'est pas ce que vous croyez" chez Albin Michel, considère que "le low cost constitue un formidable levier économique et incarne la spectaculaire démocratisation du transport aérien".
  • développement fort du tourisme en Europe
  • C'est un symbole très fort de l'intégration européenne!

 

Une véritable "révolution dans le ciel transatlantique", selon Jacques Barrot, Commissaire Européen aux Transports
 

Fort du gommage des frontières artificielles déjà réalisé à l'intérieur de l'Union, l'Europe menait 4 ans des négociations difficiles avec Washington pour aboutir à "un espace aérien ouvert" entre les 2 continents.

L'idée est d'assurer une meilleure desserte des villes européennes, intensifier la concurrence entre les différents acteurs économiques et offrir toujours plus d'avantages pour les citoyens et l'économie européenne.

Seule l'Union, forte de ses 27 Etats membres, pouvait envisager de telles négociations avec les États-Unis pour faire en sorte que l'ensemble des compagnies aériennes puisse desservir n'importe quelle ville européenne à partir de n'importe quel aéroport américain. 

A titre d'exemple, avant cet accord, seuls des accords bilatéraux régissaient les dessertes aériennes entre les 2 continents (21 accords bilatéraux, parfois très restrictifs régissaient des vols sans escale).

 
Le commissaire européen aux Transports Jacques Barrot estime qu'il s'agit d'une véritable "révolution dans le ciel transatlantique" qui promet "d'intensifier la concurrence et de faire baisser les prix".

 
Les analystes estiment que cet accord historique sera "bénéfique" pour les consommateurs en apportant davantage de compétition, un meilleur service, des prix plus bas, ainsi que davantage de destinations et de fréquences.

 
Économiquement, le marché est considérable : les vols transatlantiques représentent 60% du trafic aérien mondial (soit environ 50 millions de passagers chaque année). Nous pouvons espérer quelques 25 millions de passagers supplémentaires dans les 5 prochaines années.

 

 

Paul DOUCET
Responsable du Groupe Économie & Innovation

 

Sources: "L'Europe n'est pas ce  que vous croyez" (Jacques Barrot - Ed. Albin Michel)
"Les Echos" du 30/03/2008 (
http://www.lesechos.fr/info/transport/300253321.htm)




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Grossetête
 La Commission vient de présenter son plan de diminution des émissions de CO2 avec pour objectif de réduire unilatéralement les émissions de gaz à effet de serre de 20 % (par rapport au niveau de 1990) d'ici à 2020.  Comment concilier cette volonté avec le souci de maintenir une compétitivité économique face à des pays (Russie, Chine, États-Unis) qui n'ont pas les mêmes soucis écologiques ?
Madame le Député européen Françoise Grossetête, membre de la  Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, nous répond.


L'énergie est devenue une véritable arme de négociation internationale.

C'est pourquoi j'estime que les solutions apportées face au changement climatique doivent être internationales et l'Union européenne doit pouvoir jouer un rôle de premier plan.

Depuis la crise du gaz entre la Russie et l'Ukraine en janvier 2006, l'Union européenne a pris conscience de sa fragilité en matière d'approvisionnement énergétique.

Il est "vital" que l'UE reste à l'avant-garde du combat mondial contre le changement climatique et que les technologies qui économisent l'énergie soient promues dans toutes les relations extérieures que l'UE entretient avec les pays tiers.

Le Parlement européen a évoqué en septembre 2007 la possibilité de nommer, "avec l'approbation du Conseil et de la Commission", un représentant spécial pour l'énergie, qui aurait pour mission de coordonner l'ensemble des politiques énergétiques nationales, rassemblées sous le chapeau d'une politique européenne commune, ce qui permettra à l'UE de défendre ses intérêts en matière de sécurité énergétique dans les négociations avec des partenaires extérieurs.

Il est en effet essentiel à mes yeux de créer une politique étrangère commune de l'UE dans le domaine de l'énergie portant sur la sécurité de l'approvisionnement, le transit et les investissements liés à la sécurité énergétique, la promotion de l'efficacité énergétique et les économies d'énergie.

Les Etats membres doivent poursuivre des politiques actives au niveau politique de façon à permettre à la Communauté de diversifier ses sources d'approvisionnement énergétique et de réduire ainsi sa dépendance énergétique face à la Russie notamment.

L'Europe doit être l'exemple à suivre en matière de normes environnementales. C'est aussi comme ça que l'Europe pourra construire son identité autour de la lutte contre le réchauffement climatique en se présentant comme un modèle car la Chine et l'Inde n'ont à l'heure actuelle pas de politique de développement viable à long terme.

La Commission européenne tente de répondre à cette menace en réaffirmant sa volonté d’une politique européenne intégrée de l’énergie et du climat dans le paquet « Energie – Climat » proposé le 23 janvier 2008 au Parlement européen.

L’objectif est de limiter le réchauffement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre à 2°C d’ici 2100 et la France souhaite parvenir à un compromis sous sa Présidence de l'UE au deuxième semestre 2008.

Le plan d’action élaboré par la Commission européenne a été récemment approuvé par les chefs d’Etat et de gouvernement, et précise les ambitions de l’UE :

- Réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2020, voire 30% en cas d'accord international
- Augmenter de 20% l’efficacité énergétique
- Atteindre une proportion de 20% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l’UE d’ici 2020, soit une progression de 11.5% par rapport à la situation actuelle
- Atteindre une proportion de 10% de biocarburants dans la consommation totale des véhicules d’ici 2020

Désormais, il appartient à tous les acteurs, particuliers, entreprises, administrations et collectivités, de faire preuve d’une volonté d’action commune dans le respect des normes qui se mettront progressivement en place pour la sauvegarde de notre environnement.

Le rapport, rédigé par l'ancien économiste en chef de la Banque mondiale Nicholas Stern, souligne qu'une action internationale immédiate pour stabiliser les émissions de gaz à effet de serre à l'origine des changements du climat planétaire aurait des retombées économiques bien supérieures au coût des mesures prises en ce sens.

Selon le rapport Stern, ne rien faire pour lutter contre le changement climatique risque d'entraîner une crise économique de l'ampleur de celle de 1929.

Le monde n'a pas à choisir entre la lutte contre le changement climatique et la croissance économique. L'argument selon lequel la lutte contre le réchauffement de climatique aurait un coût sur l'emploi est totalement faux.
Les données relevées par l'étude mènent à une conclusion simple: les bénéfices d'une action forte et rapide dépassent considérablement les coûts.

La réduction dès aujourd'hui des émissions de gaz à effet de serre ne pénaliserait pas le PIB mondial de plus de 1 %.

Au contraire, l'inaction pourrait entrainer une chute entre 5  et 20 % du produit intérieur brut mondial (PIB), d'ici à la fin du siècle. Le prix à payer pour ce ralentissement s'élèverait à plus de 3 700 milliards de livres (5 500 milliards d'euros).


Ceci implique notamment des actions très volontaristes dans l’habitat et les transports pour développer les économies d’énergie, accroître l’efficacité énergétique et augmenter la part des énergies renouvelables, autant de mesures qui changeront profondément nos comportements et modes de fonctionnement.

Concrètement, la France devra réduire de 77 millions de tonnes d’équivalent CO2 ses émissions d’ici 2020. Pour atteindre cet objectif ambitieux, trois axes sont prioritaires :

- Gagner en efficacité énergétique moyenne de nos bâtiments et logements (de 250 kW par m2 aujourd’hui à moins de 100 kW par m2 en 2020).
- Réduire l’utilisation globale de transports polluants en développant plus rapidement l’arrivée de véhicules « propres » (ex : véhicules hybrides et électriques de nouvelle génération) et de nouveaux modes de transports urbains (ex : vélos électriques, navettes modulables intelligentes). Des efforts considérables devront aussi être réalisés pour promouvoir le télétravail et les téléactivités qui limitent les déplacements professionnels.
- Décarbonner et décentraliser plus largement notre production énergétique, notamment en multipliant au moins par 10 d’ici 10 ans la production éolienne (terrestre et offshore) et par 40 ou 50 notre production solaire (thermique et photovoltaïque).

Pour atteindre de tels objectifs, l’Europe a posé le cadre législatif qui permet l’essor des énergies renouvelables tout en limitant nos émissions de gaz à effet de serre. Les principaux apports de ce nouveau paquet touchent au système communautaire d’échange des quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS), aux biocarburants, aux énergies renouvelables et au captage/stockage de CO2.

En outre et afin de placer la part des énergies renouvelables à 20% dans la consommation totale des Européens d’ici 2020, la Commission européenne a désormais instauré des objectifs nationaux contraignants.

La répartition des objectifs entre Etats se fait sur la base d’une progression commune de 5,75%, complétée suivant des quotas variables fonctions du PIB de chaque Etat.

La France se voit ainsi attribuer un objectif de 23% d’énergies renouvelables dans sa consommation totale d’énergie d’ici 2020. Il faut noter toutefois que l'énergie nucléaire n’a pas été reconnue comme énergie renouvelable alors qu’elle produit près de huit fois moins d’émissions que le solaire, trente-sept fois moins que le pétrole et cinquante-quatre fois moins que le charbon.

J'aimerais d'ailleurs dire quelques mots sur le nucléaire et de ses liens avec le réchauffement climatique. Il me parait en effet important de rappeler que le recours au nucléaire évite l'émission de près de 720 millions de tonnes d'équivalent CO2 par an au sein de l'Union européenne, ce qui représente environ le total d'équivalent CO2 émis par l'ensemble du parc automobile européen!

Il est à mon sens primordial que l'Union européenne conserve un bouquet énergétique diversifié et flexible afin de faire face aux défis combinés de la sécurité d'approvisionnement énergétique, de la réduction des émissions de CO2 et de la fourniture d'électricité à des prix compétitifs.

Les besoins énergétiques de l'Union européenne doivent être couverts par des sources exemptes de carbone ou au moyen de technologies qui réduisent les émissions de gaz a effet de serre. Il n'existe d'ailleurs  pas de solution unique à ce problème mondial et, par conséquent, j'estime qu'aucune source d'énergie ne devrait être exclue ou privilégiée pour des raisons idéologiques ou politiques.

Cette répartition des objectifs nationaux ne semble pas la plus satisfaisante puisque la méthode choisie ne prend pas en considération la situation de départ des Etats pour leurs émissions de gaz à effet de serre. L'approche n'est qu'économique car calculée sur le simple PIB. En l’occurrence, la France produit environ 25% d’émissions de gaz à effet de serre de moins que ses partenaires européens tandis qu’elle se voit attribuer l’un des objectifs les plus ambitieux.

L'idée d'imposer un objectif ambitieux dans la production d'énergies renouvelables doit avoir pour finalité de réduire les émissions de gaz à effet de serre sans pénaliser les perspectives de croissance.

Or, il y a une certaine hypocrisie à confondre les objectifs et les moyens!

En effet je constate que la méthode choisie par la Commission visant à imposer une augmentation de 5,75% de la consommation d’énergies renouvelables pour tous les pays, et à moduler le reste en fonction du PIB de chaque Etat, ne prend pas en compte la situation de départ des différents Etats en termes de rejet de gaz à effet de serre.

Il me parait au contraire opportun que l’effort global de réduction des émissions attendu de chaque Etat membre d’ici 2020 varie selon le niveau de départ de ses émissions par habitant, sans préjuger des mécanismes de solidarité entre Etats. Les Etats émettant le plus de gaz à effet de serre doivent en effet faire davantage d'efforts pour une répartition plus équitable des réductions d'émissions

Cette proposition doit maintenant être étudiée par le Parlement européen et le Conseil de l’Union Européenne suivant la procédure de codécision. Le paquet législatif devrait ensuite être mis en œuvre, suivant le souhait de l’exécutif européen, avant les élections du Parlement européen de 2009.

De façon générale, ces mesures visent à transformer notre économie vers un développement durable qui intègre l’impact de nos activités sur l’environnement. Le coût de telles mesures est estimé par M. José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, à moins de 0.5% du PIB de l’UE d’ici 2020, soit « trois euros par semaine et par personnes ». Ces mesures auront notamment un impact direct sur les prix de l’électricité, en hausse de 10% à 15% d’ici 2020.

Toutefois, ces chiffres ne sont pleinement pertinents qu’en regard du coût de l’inaction, généralement reconnu bien supérieur comme le souligne le rapport Stern. De plus, le nouveau cadre légal doit permettre de favoriser les investissements dans des énergies « propres » et constituer une opportunité décisive pour l’innovation et la compétitivité des entreprises européennes.

Les objectifs fixés par l’Union Européenne sont très ambitieux mais à la mesure des enjeux environnementaux des prochaines décennies. Désormais, il s’agit de mettre en œuvre des actions concrètes à tous les niveaux afin de garantir un développement durable et responsable de nos territoires.

Nous ne devons dès lors plus considérer le réchauffement climatique comme un "problème politique", mais bien comme le plus grand défi moral de notre civilisation.

Enfin, je terminerai en soulignant l’importance du dialogue que doivent renouer pays consommateurs et pays producteurs, pays du Nord et pays du Sud. Notre politique énergétique doit être abordée sous l’angle de la solidarité. Nous devons partager les efforts de recherche avec les pays en développement. Ainsi, le partenariat euro méditerranéen peut servir à renforcer la coopération internationale en matière énergétique.  L’éolien, mais surtout le solaire doivent y occuper une place importante. Dans un contexte de raréfaction des ressources naturelles, seule une utilisation rationnelle de l’énergie et une mise en commun des connaissances nouvelles en matière de diplomatie verte permettra un réel développement durable.





L'Atelier Europe remercie chaleureusement Madame le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe et nous vous invitons à la retrouver sur son site.




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« 2008, quels grands enjeux pour l’Europe ? ». C’était le thème retenu pour le premier rendez-vous des Forums européens du Conseil national de l’UMP, présidé par Jean-Pierre Raffarin, qui s’est tenu le mercredi 23 janvier au Palais Bourbon. L’occasion pour les militants d’échanger à bâtons rompus et sans tabou, avec les responsables de la majorité en charge des questions européennes au premier rang desquels, Jacques Barrot, Vice-président de la Commission européenne et commissaire européen chargé des Transports.


On le savait déjà, l’agenda européen de 2008 sera pour la France plus que chargé. Ainsi, l’année à peine entamée, les députés adoptaient le 16 janvier dernier la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne. Le 29 janvier, ce sera au tour des sénateurs de leur emboîter le pas, avant le grand rendez-vous du 4 février à Versailles où le Congrès du Parlement sera convoqué pour l’adoption définitive de la réforme constitutionnelle. Last but not least, au deuxième semestre de 2008 (toujours!), la présidence tournante de l’Union européenne échoira à la France.

Autant d’évènements majeurs qui seront dûment préparés comme l’a expliqué Jean-Pierre Raffarin en ouverture du premier forum européen du Conseil national de l’UMP : « Nous organiserons plusieurs rencontres mensuelles dont certaines décentralisées dans les régions dites européennes qui nous permettront d’échanger sur les différents grands thèmes européens. Ces débats populaires se poursuivront jusqu’aux élections européennes de 2009 où il ne sera question que d’Europe étant donné que pour la première fois, ce sera la seule élection de l’année ». Une culture du débat dont s’est réjouie pour sa part le Vice-président de la Commission européenne et commissaire en charge des transports, Jacques Barrot : « Il nous faut garder ce goût du débat interne qui reste notre marque de fabrique » a-t-il déclaré avant de détailler les quatre grands défis que la France devra selon lui, relever au cours de sa présidence.

« Une année charnière avec quatre tests majeurs »

Pour Jacques Barrot, « 2008 sera une année charnière avec quatre tests majeurs qui attendent la France. D’abord le test institutionnel notamment dans cette épreuve des ratifications qui a d’ailleurs déjà débuté le 17 décembre avec la Hongrie, en évitant toutefois de buter sur le référendum irlandais. » Pour mémoire, l’Irlande est en effet le seul pays à organiser une consultation publique. En outre, il s’est également prononcé sur les très attendues nominations aux postes de présidents du Conseil européen, de la Commission et du Haut représentant à la politique étrangère et de sécurité commune. « Lors du dernier conseil européen, le choix de cette trinité sera extrêmement difficile. Il faudra bien profiler les postes avant même d’avancer des noms et surtout arbitrer sur l’articulation des différentes fonctions. Le président de l’Union ne devra pas être un frein et il devra par exemple s’assurer à chaque fois le soutien des Etats membres ». La définition des contours de ce poste est il est vrai, un travail délicat et de longue haleine sur lequel les Représentants permanents ont d’ailleurs commencé plancher depuis le début de la semaine en vue de la préparation de l’entrée en vigueur du traité, prévue le 1er janvier 2009.

Parmi les défis identifiés par Jacques Barrot, figurent en bonne place, le changement climatique couplé à la question de l’approvisionnement énergétique, qui nécessitera une négociation avec les pays tiers. En matière de politique extérieure, le responsable de l’exécutif européen a qualifié le Kosovo comme l’une des grandes épreuves de l’Europe. «  Comment assurer l’indépendance de ce pays sans remettre en cause l’adhésion des autres pays balkaniques ? Ce sera là un équilibre difficile à trouver mais il le faut car on sait d’expérience que seule l’adhésion permet d’atténuer les problèmes des minorités que connaissent ces pays ».

Enfin actualité oblige, la crise financière qui secoue actuellement les places boursières mondiales a largement été évoquée. Á ce propos, le commissaire européen a soutenu l’idée d’une plus grande transparence des produits financiers et une meilleure coordination des instruments financiers nationaux.

Un débat ouvert et riche

Ce premier Forum européen s’est clos sur une séance de séances de questions-réponses avec la salle. L’occasion pour tous les responsables et parlementaires : Pierre Lequiller, président de la Délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne Hubert Haenel, président de la Délégation du Sénat pour l’Union européenne mais aussi Alain Lamassoure, député européen, secrétaire national à l’Europe (retrouvez son interview vidéo ci-dessous) de répondre à toutes les interrogations. Politique extérieure, apprentissage des langues étrangères dans nos écoles, défense de la langue française au sein des institutions européennes…de nombreux sujets étaient au cœur des préoccupations. Mais le débat continue et tous ceux qui le souhaitent peuvent d’ores et déjà s’inscrire pour participer aux prochaines rencontres qui auront lieu jusqu’à la présidence française. Le but étant comme aime à le rappeler l’ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin : « de faire de l’Europe un combat d’avenir car c’est la plus belle des politiques ». Dont acte. 

Quel pourrait-être, selon vous, le rôle du futur président du Conseil de l'Union européenne ?
Selon vous qui pourrait incarner ce rôle ? Pouvez-vous nous dire où en est la constitution du Conseil des 12 sages ?

Nafi Bakti
Pôle Journal



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L'Atelier Europe part à la rencontre de la Commission européenne, en la personne de son Vice-président en charge des questions de transport, Monsieur Jacques Barrot. L'entretien sera diffusé par la suite sur le site Internet de l'Atelier.

En accord avec Monsieur Jacques Barrot, nous souhaitons ouvrir ce dialogue à tous les lecteurs de notre journal. Les deux thèmes principaux seront les questions relatives aux transports et, de façon générale, à la Présidence française de l'UE.  Vous pouvez dès à présent adresser les questions à :


Lors de l'entretien, nous ferons part à Monsieur Jacques Barrot des interrogations que vous aurez exprimées.

A vos questions!





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Selon Jacques Barrot, la préservation de l’environnement ne doit pas s’opposer aux politiques d’échanges et de mobilités des sociétés modernes, qui favorisent la compétitivité.




L’une des conséquences du développement de la mobilité est une amplification de la pollution. Pour contrer cet effet, il s’agit donc de privilégier une politique de transports propres, harmonisée et jugulée, sans stigmatiser aucun mode de transport, notamment la route, qui demeure essentielle pour les transports courts.

Jacques Barrot préconise 3 exigences :

  • Etre pragmatique et mettre en place une chaîne des transports favorable à l’environnement. En effet, il est nécessaire de réussir la combinaison des différents moyens de transport. Le Commissaire européen estime qu’une attention particulière en faveur des modes de transports alternatifs à la route est nécessaire. Néanmoins il est primordial d’accorder les moyens indispensables à cette politique afin d’obtenir des résultats concrets. Les Etats membres doivent contribuer à la mettre en œuvre, et le budget européen consacré à cette thématique doit être augmenté proportionnellement aux coûts que cette politique engendre.
  • « Rendre la route verte ».  Jacques Barrot présente des objectifs ambitieux comme :
  • 120 grammes d'émission moyenne de dioxyde de carbone par kilomètre pour les automobiles à l'horizon 2012 ;
  • 10 % d'incorporation de biocarburants dans l'essence et le gasoil d'ici à 2020,
  • favoriser l’achat des véhicules dernière génération, beaucoup plus propres,
  • appliquer le mécanisme d’échanges de droits d’émission aux véhicules de la route,
  • s’appuyer sur l’apport des nouvelles technologies de la communication et des satellites, lesquels permettent une meilleure gestion des flux et des péages.
  • Organiser des transports plus intelligents grâce à la combinaison de nouvelles technologies de communication et de la navigation par satellite : en plus de d’une meilleure gestion des flux et des péages routiers, Jacques Barrot avance le projet européen SESAR, qui a pour objectif de moderniser le contrôle aérien et d’éviter ainsi la congestion de certains couloirs aériens et de réduire les voyages à vide.

La mobilité urbaine, qui concentre près de 40% des émissions de CO2, profitera des améliorations de la révolution de l’information en temps réel pour coordonner les trafics. Deux européens sur trois sont concernés ! Mais il faut y associer une véritable politique en faveur des transports urbains (tramways, métro) pour une efficacité optimale. « La mobilité durable est une responsabilité pour tous les européens », affirme le Commissaire Européen.  

Pour conclure, Jacques Barrot souligne l’importance qui doit être accordée à la mobilité durable, dans tout programme de développement durable. Le droit à la mobilité des sociétés modernes, essentiel pour la réussite économique de l’UE, ne doit pas être remis en cause au nom de l’écologie.


Cédric GAUTHIER et Paul DOUCET
Pôle Etudes / Groupe Environnement & Développement Durable



Source photos : Commission européenne






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 Madame le Député européen Christine de Veyrac, membre de la Commission des transports et du tourisme dresse un panorama des transports en Europe:


La politique des transports fait partie des politiques communautaires depuis l'origine.

Pendant des années, cette politique a été une coquille vide... jusqu'à la libéralisation des transports commencée dans les années 90.

L'Union européenne a ainsi imposé aux Etats l'ouverture à la concurrence du transport aérien, ce qui a fait baisser le prix des billets d'avion et favorisé l'apparition des compagnies à bas coûts.

Aujourd'hui, l'Europe est en train de finaliser la libéralisation du transport de passagers par train : à compter de 2009, la SNCF ne disposera plus d'un monopole sur les lignes internationales (un peu plus tard sur les lignes intérieures).

Mais la libéralisation n'est pas le seul objectif de l'Union. Elle veut renforcer, pour chaque mode de transport, la sécurité du citoyen et la protection de l'environnement.

Ainsi, les institutions européennes souhaitent en ce moment mettre l'accent sur la réduction des émissions de CO2 des différents modes de transport.

En matière de sécurité, l'Union européenne, suite au rapport parlementaire que j'ai présenté, publie depuis l'an passé la liste "noire" des transporteurs aériens interdits de vol dans l'Union, quand ils sont déficients en sécurité.

L'Europe a également renforcé les droits des passagers, avec la mise en place de législations pour les personnes à mobilité réduite et l'obligation faite aux compagnies aériennes de rembourser les passagers en cas d'annulation ou de retard de vol ou de refus d'embarquement. Le transport ferroviaire devrait d'ici peu se doter de règles similaires.

Coté route : le Parlement et le Conseil ont voté la création d'un permis de conduire européen unique, afin d'empêcher des conducteurs-fraudeurs de conduire.

Enfin, la politique européenne des transports vise aussi à renforcer les échanges entre les Etats membres à travers le développement d'un véritable réseau transeuropéen de transport, notamment en finançant le lancement de 30 autoroutes ou lignes ferroviaires qui traversent l'Europe et relient plusieurs Etats entre eux (ex : Thalys, Eurostar, ligne Lyon-Turin, TGV Est, ligne Paris-Bordeaux-Madrid etc...), mais aussi le financement du programme industriel de radionavigation par satellite (GALILEO), concurrent du GPS américain.

Chacun peut le constater : l'Union européenne est devenue très active en matière de transports, elle ne se limite pas à des objectifs purement économiques, elle est à l'écoute des besoins des citoyens par l'établissement de nombreuses règles visant à protéger les voyageurs, et par la mise en place d'une véritable politique de transport durable pour l'Europe.



Nous remercions chaleureusement Madame le Député européen d'avoir participé aux Lundis de l'Europe.