BlogPremium
RSS
RSS comm
 Monsieur le Député européen Alain Lamassoure, Membre du bureau de la délégation des Députés européens UMP répond à notre question de la semaine "L'Allemagne a-t-elle les moyens de relancer la réforme des institutions européennes ?" :

    Oui, et c’est une bonne nouvelle. Parce que c’est l’Allemagne, c'est-à-dire le pays le plus important de l’Union et l’un de ses principaux membres fondateurs. Parce qu’elle est dirigée par une femme remarquable, Angela Merkel, qui reprend la tradition des grands dirigeants d’inspiration démocrate chrétienne, et qui est à la tête d’une coalition avec les sociaux-démocrates, également très europhiles : les deux grandes familles politiques qui ont construit l’Europe sont au pouvoir en même temps. Et parce que sa présidence intervient à un moment-clef : le Conseil européen de juin aura lieu au lendemain de l’élection présidentielle française, et un an avant une présidence française de l’Union, ce qui devrait permettre à notre Président à nous de participer avec Angela Merkel à une relance politique vigoureuse de l’Europe.

    Car malgré ses atouts, si elle était seule l’Allemagne ne pourrait pas grand’chose. Dans la grande Europe des 27, le moteur franco-allemand est plus que jamais nécessaire, et il n’est pas suffisant. Mais les pays fondateurs et, au-delà, ceux qui viennent de se réunir à Madrid après avoir approuvé la Constitution – 18 en tout – seront prêts à une telle relance.

    Il faut savoir que l’idée lancée par Nicolas Sarkozy d’un nouveau traité, reprenant les dispositions de la Constitution qui n’ont pas été critiquée durant le débat référendaire, et qui pourrait être ratifié par les Parlements intéresse beaucoup à Berlin et chez nos partenaires. Nous y travaillons dès maintenant, autour de Nicolas, avec eux. Il faut savoir aussi que l’absence totale de proposition de Ségolène Royal inquiète partout en Europe.

L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il lui apporte.
Nous vous invitons à le retrouver sur son site.
 Monsieur le Député européen Alain Lamassoure, Membre du bureau de la délégation des Députés européens UMP répond à notre question de la semaine "Ségolène Royal ayant enfin donné sa vision de l'Europe...  quel est votre avis sur celle-ci? Et plus généralement sur la vision du PS sur l'UE?" :


    Le dernier débat télévisé entre les trois candidats à la candidature du P.S. a confirmé ce que l'on pouvait craindre: sur la relance de l'Europe après la catastrophe du 29 mai, aucun leader socialiste n'est crédible.

    La position de Laurent Fabius est caricaturale: "Le Plan B, c'est le projet socialiste !" Comme si un seul de nos partenaires pouvait accepter de faire figurer dans un traité européen les magnifiques recettes des socialistes français, type les 35 heures, qui ont tellement échoué chez nous. DSK se réfugie dans une perspective de long terme d'une Union ouverte à la Turquie et à tous les pays méditerranéens, dont les Français eux-mêmes ne veulent à aucun prix. Quant à Ségolène Royal, sa formule "l'Europe des projets" fait l'impasse du problème majeur: sans Constitution, aucun projet européen n'est possible. Voilà un an que les 25 gouvernements ont décidé d'agir ensemble sur les sujets fondamentaux de l'énergie et de l'immigration, sans avoir pu depuis avancer d'un centimètre: l'obligation d'obtenir l'unanimité pour la moindre décision est paralysante.

    On voit bien que depuis la campagne du référendum, c'est le combat entre un "new Labour", un socialisme moderne façon Blair ou Zapatero, et les marxistes inconsolables du "old Labour" qui est enfin engagé au sein du PS français. Le vote du 29 mai 2005 a paru donner raison à la vieille gauche anticapitaliste. Au point de faire émerger un nouveau souverainisme de gauche, qui se prétend européen, mais qui n'accepte l'Union européenne qu'à la condition qu'elle introduise dans sa Constitution les thèmes emblématiques du socialisme de papa qui ne figurent même pas dans la Constitution française ! Ce n'est rien d'autre que la résurrection du "socialisme dans un seul pays" cher à Lénine.
   
    Dans les années 60, quand se multipliaient les témoignages sur les horreurs du système soviétique à l'Est, Sartre avait plaidé pour qu'on garde le silence, afin de "ne pas désespérer Billancourt" - symbole de la classe ouvrière. Dans cette pré-campagne interne, les candidats de la relève du P.S. préfèrent, eux aussi, bercer leurs militants de l'illusion que l'Europe est prête à se rallier avec enthousiasme aux idéaux fanés de la vieille gauche française.




Nous remercions chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il nous apporte.
Nous vous invitons à le retrouver sur son site.