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 Souhaité par Nicolas Sarkozy, un comité des sages va être mis en place. Nous avons demandé à  Monsieur le Député européen Alain Lamassoure quel sera son rôle?


    On appelle familièrement « comité des sages » un groupe de personnalités d’expérience chargées de conseiller les dirigeants sur un problème particulièrement nouveau ou délicat. Cette formule a été souvent employée dans l’histoire de la construction européenne : le rapport Spaak avant la conférence de Messine, qui a conçu le premier traité de Rome, le rapport Tindemans sur l’Europe politique dans les années 70, le rapport Delors sur l’union monétaire, prélude au traité de Maastricht, et encore le groupe présidé par Jean-Luc Dehaene, qui avait préparé en 2001 le mandat politique de la Convention européenne.

    Accepté par nos partenaires, le « traité simplifié » proposé par Nicolas Sarkozy devrait doter l’Union européenne des règles de fonctionnement démocratiques et des compétences nouvelles dont elle a besoin pour ce début de XXIe siècle.

    Mais que faire de ces pouvoirs nouveaux ? Jusqu’où pouvons-nous continuer d’élargir cette Union qui a déjà tellement de difficultés à fonctionner à 27 ? Quel type de relations proposer aux pays voisins qui n’ont pas vocation à nous rejoindre – ce que Nicolas Sarkozy appelle le « partenariat privilégié » ? Quels sont les sujets urgents que nous devons essayer de traiter au moins à quelques-uns, en recourant à la formule des « coopérations renforcées » ? Comment concilier les souverainetés nationales et la nécessité d’agir ensemble sur la scène internationale ? Ce sont quelques-unes des grandes questions sur lesquelles les dirigeants européens doivent avoir les idées plus claires avant de se lancer dans l’utilisation du nouvel outil mis à leur disposition.

    Comme beaucoup des initiatives de Nicolas Sarkozy, celle-ci a d’abord surpris, et parfois irrité les intéressés. La Commission européenne y a vu un risque d’atteinte à ses prérogatives, certains gouvernements on craint d’être mis devant le fait accompli … Puis, chacun s’est rendu compte de la réalité du besoin. L’idée est maintenant largement acceptée, et devrait se mettre en place d’ici la fin de l’année. Les conclusions pourront alimenter la campagne électorale européenne du printemps 2009 : ce sont les citoyens qui tireront les enseignements des propositions des « sages » !



L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il lui apporte.
Nous vous invitons à le retrouver sur son site.
Ainsi qu'à voter pour lui et Nicolas Sarkozy!

 Monsieur le Député européen Alain Lamassoure, Membre du bureau de la délégation des Députés européens UMP répond à notre question de la semaine "25, bientôt 27 États, peuvent-ils avoir une Politique Étrangère Commune ?" :


    La question ne se pose pas dans l’abstrait. S’il s’agit des 25 Etats membres de l’Union européenne en 2006, la réponse n’est pas seulement « oui », mais : ils le peuvent, et ils le doivent.
    Mesurons bien la portée de la révolution – le mot n’est pas trop fort – introduite par la construction européenne dans nos relations extérieures.
    Sur le continent européen lui-même, il n’y a plus matière à politique étrangère. Qui eût osé le rêver en 1950 ? Mille ans de diplomatie sont maintenant sans objet. La paix perpétuelle est assurée entre nous, nos relations n’ont plus un caractère diplomatique, elles relèvent d’un partenariat permanent, par lequel les élus de nos peuples décident de règles de vie en commun.
    Hors du continent, la quasi-totalité des compétences extérieures relevant des « arts de la paix » (commerce, finances, transport, environnement, culture, télécommunications, aide au développement etc.) sont exercées désormais, en notre nom, par l’Union européenne, qui négocie au nom des Etats membres. En pratique, cela représente (heureusement) 90% de nos relations extérieures : la défense de nos emplois face aux économies émergentes, la lutte contre l’effet de serre, la prévention des épidémies, la lutte contre les mafias et le grand banditisme, les grands programmes de recherche sur les énergies nouvelles, et même les accords sur l’immigration avec les pays de départ relèvent de la compétence de l’Union.
    Quant au traitement des grandes crises internationales, qui peuvent déboucher sur le recours aux « arts de la guerre », pour le moment, chaque Etat membre reste libre de son action, l’Union ne fournissant que le cadre d’une coordination des politiques nationales. Mais en pratique, y-a-t-il un seul grand sujet planétaire sur lequel les Etats européens aient des intérêts différents ? Au Moyen-Orient, nous souhaitons tous la paix entre deux Etats, israélien et palestinien, enfin réconciliés. En Afrique, nous cherchons tous à consolider les Etats défaillants et à accompagner les évolutions démocratiques indispensables au développement économique. Vis-à-vis de Moscou ou de Pékin, il ne se passe pas de semaine sans que nous mesurions la faiblesse chronique de jouer en permanence à 25 Curiace pour affronter Horace. En Irak, en 2003, ceux de nos voisins qui se sont alignés sur la position américaine ont eu aussi peu d’influence sur celle-ci que ceux qui, comme nous, ont pris la position contraire. La lutte contre le fanatisme islamiste, comme la prévention de la prolifération des armes de destruction massive n’ont aucune chance d’aboutir sans une politique déterminée et unie de tous les pays démocratiques, à commencer par l’équipe unie des Etats européens.
    C’est d’ailleurs ce que comprend le bon sens populaire : voilà une bonne dizaine d’années qu’à tous les sondages sur le sujet, la proportion des citoyens qui feraient plus confiance à l’Europe qu’à leur propre pays pour défendre leurs intérêts nationaux sur la scène internationale dépasse 70% dans tous les Etats continentaux, la proportion étant supérieure à 50% même en Grande-Bretagne. C’est un domaine où les dirigeants ont plus de mal que leurs électeurs à admettre les réalités de notre temps. L’application des dispositions prévues, en la matière, par le projet de Constitution permettrait déjà un progrès appréciable en offrant une procédure pour faciliter la recherche et l’application de positions communes.





Nous remercions chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il nous apporte.
Nous vous invitons à le retrouver sur son site.
Ou lors du dîner-débat du 6 décembre prochain qui portera essentiellements sur les questions internationale!