« 2008, quels grands enjeux pour l’Europe ? ». C’était le thème retenu pour le premier rendez-vous des Forums européens du Conseil national de l’UMP, présidé par Jean-Pierre Raffarin, qui s’est tenu le mercredi 23 janvier au Palais Bourbon. L’occasion pour les militants d’échanger à bâtons rompus et sans tabou, avec les responsables de la majorité en charge des questions européennes au premier rang desquels, Jacques Barrot, Vice-président de la Commission européenne et commissaire européen chargé des Transports.
On le savait déjà, l’agenda européen de 2008 sera pour la France plus que chargé. Ainsi, l’année à peine entamée, les députés adoptaient le 16 janvier dernier la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne. Le 29 janvier, ce sera au tour des sénateurs de leur emboîter le pas, avant le grand rendez-vous du 4 février à Versailles où le Congrès du Parlement sera convoqué pour l’adoption définitive de la réforme constitutionnelle. Last but not least, au deuxième semestre de 2008 (toujours!), la présidence tournante de l’Union européenne échoira à la France.
Autant d’évènements majeurs qui seront dûment préparés comme l’a expliqué Jean-Pierre Raffarin en ouverture du premier forum européen du Conseil national de l’UMP : « Nous organiserons plusieurs rencontres mensuelles dont certaines décentralisées dans les régions dites européennes qui nous permettront d’échanger sur les différents grands thèmes européens. Ces débats populaires se poursuivront jusqu’aux élections européennes de 2009 où il ne sera question que d’Europe étant donné que pour la première fois, ce sera la seule élection de l’année ». Une culture du débat dont s’est réjouie pour sa part le Vice-président de la Commission européenne et commissaire en charge des transports, Jacques Barrot : « Il nous faut garder ce goût du débat interne qui reste notre marque de fabrique » a-t-il déclaré avant de détailler les quatre grands défis que la France devra selon lui, relever au cours de sa présidence.
« Une année charnière avec quatre tests majeurs »
Pour Jacques Barrot, « 2008 sera une année charnière avec quatre tests majeurs qui attendent la France. D’abord le test institutionnel notamment dans cette épreuve des ratifications qui a d’ailleurs déjà débuté le 17 décembre avec la Hongrie, en évitant toutefois de buter sur le référendum irlandais. » Pour mémoire, l’Irlande est en effet le seul pays à organiser une consultation publique. En outre, il s’est également prononcé sur les très attendues nominations aux postes de présidents du Conseil européen, de la Commission et du Haut représentant à la politique étrangère et de sécurité commune. « Lors du dernier conseil européen, le choix de cette trinité sera extrêmement difficile. Il faudra bien profiler les postes avant même d’avancer des noms et surtout arbitrer sur l’articulation des différentes fonctions. Le président de l’Union ne devra pas être un frein et il devra par exemple s’assurer à chaque fois le soutien des Etats membres ». La définition des contours de ce poste est il est vrai, un travail délicat et de longue haleine sur lequel les Représentants permanents ont d’ailleurs commencé plancher depuis le début de la semaine en vue de la préparation de l’entrée en vigueur du traité, prévue le 1er janvier 2009.
Parmi les défis identifiés par Jacques Barrot, figurent en bonne place, le changement climatique couplé à la question de l’approvisionnement énergétique, qui nécessitera une négociation avec les pays tiers. En matière de politique extérieure, le responsable de l’exécutif européen a qualifié le Kosovo comme l’une des grandes épreuves de l’Europe. « Comment assurer l’indépendance de ce pays sans remettre en cause l’adhésion des autres pays balkaniques ? Ce sera là un équilibre difficile à trouver mais il le faut car on sait d’expérience que seule l’adhésion permet d’atténuer les problèmes des minorités que connaissent ces pays ».
Enfin actualité oblige, la crise financière qui secoue actuellement les places boursières mondiales a largement été évoquée. Á ce propos, le commissaire européen a soutenu l’idée d’une plus grande transparence des produits financiers et une meilleure coordination des instruments financiers nationaux.
Un débat ouvert et riche
Ce premier Forum européen s’est clos sur une séance de séances de questions-réponses avec la salle. L’occasion pour tous les responsables et parlementaires : Pierre Lequiller, président de la Délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne Hubert Haenel, président de la Délégation du Sénat pour l’Union européenne mais aussi Alain Lamassoure, député européen, secrétaire national à l’Europe (retrouvez son interview vidéo ci-dessous) de répondre à toutes les interrogations. Politique extérieure, apprentissage des langues étrangères dans nos écoles, défense de la langue française au sein des institutions européennes…de nombreux sujets étaient au cœur des préoccupations. Mais le débat continue et tous ceux qui le souhaitent peuvent d’ores et déjà s’inscrire pour participer aux prochaines rencontres qui auront lieu jusqu’à la présidence française. Le but étant comme aime à le rappeler l’ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin : « de faire de l’Europe un combat d’avenir car c’est la plus belle des politiques ». Dont acte.
| | | |
Quel pourrait-être, selon vous, le rôle du futur président du Conseil de l'Union européenne ? | Selon vous qui pourrait incarner ce rôle ? | Pouvez-vous nous dire où en est la constitution du Conseil des 12 sages ? |
Nafi Bakti
Pôle Journal
