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Voici la seconde partie de notre entretien avec Monsieur Baudouin Bollaert.
La première partie est ici.



Quels sont aujourd’hui les différents handicaps de la politique d’innovation en Europe ? 
 Cette question est selon notre intervenant liée à la stratégie de Lisbonne laquelle fut définie en 2000 par les dirigeants européens qui se fixaient pour objectif de faire de l’Europe, d’ici à 2010, « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde. » Mais là encore, même si Baudouin Bollaert salue les succès enregistrés avec l’exemple de Galileo, il juge que les grandes firmes nationales gagneraient à travailler davantage ensemble pour faire émerger des projets novateurs en R&D et en innovation.

La défense européenne peut-elle cohabiter avec l’Otan ? Autrement dit comment peut-on concilier une ambition d'une autonomie de l'Europe sur cette question d’une part et de l’autre le maintien de la solidarité atlantique dans le cadre de l'OTAN? 
Otan, défense européenne...même combat ? C’est en substance l’idée défendue Baudouin Bollaert qui estime que les deux entités sont totalement complémentaires. Il rappelle de fait la bonne mise en œuvre actuellement des engagements pris dans le cadre  du processus dit « Berlin plus » repris par l’Union européenne et qui lui permettent d’accéder facilement aux moyens et capacités de l’Alliance pour des opérations dans lesquelles l’Alliance dans son ensemble ne serait pas engagée militairement.


Une question maintenant que tout le monde se pose même si cela un prématuré. Qui voyez-vous comme futur Président pour l’Union Européenne en 2009 ?
 
Qui sera à la tête de l’Union en 2009 ? De Tony Blair à Jean-Claude Juncker Baudouin Bollaert revient sur les personnalités européennes dont les noms sont évoqués ces derniers temps pour occuper ce poste déjà très convoité en 2009. Il  prédit un marchandage inévitable à venir.




Propos recueillis par Paul DOUCET,
Nafi BAKTI et Delphine GANEAU-MENTRÉ




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 Monsieur le Député européen Jean-Paul Gauzès, Membre de la Commission des affaires économiques et monétaires répond à notre question de la semaine "Faut-il renforcer l'Eurogroup?" :


"La France est de retour dans l'Europe".


En affirmant ainsi son attachement à la construction européenne, Nicolas Sarkozy ouvre les perspectives d'une véritable relance d'une Europe actuellement en crise.

Parmi les chantiers figure l'amélioration du fonctionnement de la zone euro.

A l'égard de l'Euro, les appréciations sont contrastées. La Commission se montre confiante sur la situation économique de la zone euro et minimise l'impact de la force de l'Euro face au dollar et au yen.

Dans le même temps, beaucoup de nos concitoyens imputent à l'introduction de l'euro une hausse du coût de la vie et une baisse du pouvoir d'achat.

Par ailleurs, la forte appréciation de l'Euro, si elle est neutre dans les relations économiques au sein de la zone euro (qui représentent pour la France, la moitié de nos échanges), et favorable pour les importations dont les paiements sont effectués en dollar (notamment : pétrole et gaz), elle apparaît pénalisante pour les industries dont les coûts sont essentiellement en euros et les recettes en dollars.

L'impact varie considérablement d'un secteur à l'autre. Le luxe, l'aéronautique, la chimie et les semi-conducteurs ou l'automobile sont particulièrement affectés par la dégradation de leur compétitivité. Il reste qu'on ne peut expliquer par le seul euro fort les faiblesses de l'économie française. Dans le même contexte, l'Allemagne réalise de très bonnes performances.

Ce qui est en cause ce n'est pas tant l'indépendance de la Banque Centrale Européenne que la régulation macro économique de la zone euro.

Il est nécessaire d'accroître le rôle du politique dans le pilotage économique de la zone euro.

Le rôle de l'Euro Groupe doit donc être renforcé.

Il s'est doté d'un Président stable et de grande qualité, Jean-Claude JUNKER.

Il doit poursuivre sa recherche de cohérence et de coordination des politiques économiques nationales.

Il faut que le conseil de l'euro soit un vrai gouvernant de l'économie européenne coordonnant davantage les politiques fiscales et budgétaires de la zone euro. Ce groupe plus structuré et plus régulièrement réuni devra dialoguer de façon plus équilibré avec la banque centrale.

Le moment est aussi venu dans toutes les négociations et instances internationales de la représentation unique des membres de la zone euro.

Le Traité précise que les orientations fondamentales de la politique des changes dépendent du Conseil statuant à la majorité qualifiée.

L'Europe doit se doter d'une véritable stratégie de change intégrant les objectifs de croissance, de protection de l'industrie et de l'emploi. La zone euro doit faire entendre sa voix face à la donne monétaire, notamment en Asie.

Aux USA, les rôles sont clairement définis, les questions de change sont du ressort du gouvernement. En Europe, le flou est entretenu: la politique de change est-elle du ressort du pouvoir politique, l'Euro Groupe, ou du pouvoir monétaire ?

Dans ces conditions on ne peut que saluer la volonté de Nicolas Sarkozy "d'agir au sein de l'Euro Groupe pour nous doter d'une gouvernement économique, de sortir du flou juridique s'agissant de la politique de change et d'organiser une vraie concertation entre l'Euro Groupe et la BCE".



Nous remercions chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe et nous vous invitons à le retrouver sur son site.