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S'il y a une grande absente du débat présidentielle, c'est bien l'Europe!
Cette absence ne peut être attribuée à Nicolas Sarkozy: À Bruxelles, à Strasbourg ou lors d'autres grands discours (le 14 janvier lors de son investiture, sur la politique internationale), il a donné une vision claire de l'Europe, de ce qu'il souhaite faire. Ses idées saluées par tous nos partenaires européens sont les bienvenues alors que nous nous apprêtons à fêter ce week-end le cinquantième anniversaire du Traité de Rome.
Anniversaire que nous fêterons dignement à l'Atelier Europe par la conférence de lundi prochain. Outre rappeler l'origine du Traité de Rome, ce que l'Europe a accompli, les attentes de nos partenaires, cette conférence sera aussi l'occasion de débattre des propositions de Nicolas Sarkozy.

Si vous n'êtes pas déjà inscrit, il n'est pas trop tard:







Amis et militants,


En saluant chaleureusement les représentants de tous les pays européens et étrangers, ainsi que de tous les partis amis, je veux simplement vous apporter un témoignage et vous donner un argument utile, un argument de plus pour convaincre, autour de vous, les Français de choisir Nicolas Sarkozy.

 C’est du monde tel qu’il est aujourd’hui que je veux vous parler, de ce monde dans lequel le nouveau Président français devra faire valoir les intérêts de notre pays, faire entendre sa voix.

Ce monde, je peux en témoigner, espère souvent la France et l’Europe, mais il ne les attendra pas.

Ce monde, je peux en témoigner, est dangereux, instable, fragile, injuste.


Et les défis sont là ! Dès le 7 mai au matin, il faudra les affronter :
- D’abord, le plus grave et le plus global d’entre eux : le changement climatique.
- Ensuite : la paix ou la guerre au Proche Orient, cet Orient si proche de nous…
- Mais aussi, l’Afrique qui a tant besoin d’un développement équitable et d’un nouveau partenariat avec nous.
- Il y a également les Etats-Unis, avec lesquels nous devons parler franchement et amicalement, à qui nous pouvons dire : l’alliance ce n’est pas l’allégeance.
- Et enfin notre propre continent - notre Europe - qui doit à la fois mieux s’organiser pour être uni, accueillir, le moment venu, la région si sensible des Balkans et être capable de proposer clairement à la Turquie un partenariat concret, plutôt qu’une adhésion désormais improbable.

Face à ces défis, de quel Président avons-nous besoin ?
Et quelle doit être la voix de la France ?

Sûrement pas une voix qui se tait comme l’autre jour à Beyrouth en face du Hezbollah au lieu de dire clairement notre attachement à la souveraineté du Liban, à la sécurité d’Israël et à  l’existence d’un Etat palestinien.

Sûrement pas une voix qui, comme l’autre jour en Chine, critique nos propres entreprises, leurs ouvriers et leurs cadres au lieu de les encourager à tenir leur place dans la mondialisation en s’appuyant sur nos compatriotes qui vivent et travaillent à l’étranger et Outre-Mer.

Sûrement pas une voix qui, sur cette question de la Turquie, attend de savoir ce que dira l’opinion publique dans 10 ou 15 ans.

Sûrement pas une voix qui hésite à propos de l’Union européenne au moment où tous nos partenaires nous demandent d’en parler à nouveau, entre nous et avec eux. C’est d’ailleurs ce que vient de faire - et il a été le premier et le seul - Nicolas Sarkozy ici et à Bruxelles.


Chers amis,
Ce dont je suis sûr c’est que la France ne peut pas se permettre de choisir un Président, ou une présidente, qui se tait, qui hésite et qui attend.

La France ne peut pas être spectatrice de son propre avenir.

Ce dont je suis sûr, c’est que le Président de la République, s’il doit prendre le temps d’écouter et de comprendre, aura surtout à exprimer des convictions, à prendre des décisions, à faire des choix. Sa main ne peut pas trembler s’il on veut que la France soit écoutée et respectée.

Le général de Gaulle, qui a tant compté pour beaucoup d’entre nous, a écrit cette très belle phrase : « Nous sommes un peuple en marche, on nous y force.Le siècle nous y force, mais nous sommes en marche vers une mer inconnue, vers un destin que nous ne savons pas. Pour cette marche, il faut que le peuple soit ensemble ».

Et bien, vers ce destin, dans le monde où nous vivons, vers cette mer inconnue, il nous faut décidément un capitaine qui fixe le cap et qui tienne la barre.

Pour avoir choisi de l’accompagner depuis plus d’un an, je sais et je suis sûr qu’avec Nicolas Sarkozy, nous avons trouvé ce capitaine.


Michel Barnier
Ancien Ministre des affaires étrangères
Conseiller politique de Nicolas Sarkozy

La vidéo de son intervention (et du reste du congrès) est disponible ici.

Nous remercions chaleureusement Monsieur Barnier pour sa participation à L'Avenir de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il nous apporte.
Nous vous invitons à le retrouver sur son site.

Je veux être le Président d’une France qui dira aux Européens : nous voulons l’Europe, nous la voulons parce que sans elle nos vieilles nations ne pèseront rien dans la mondialisation, sans elle nos valeurs ne pourront pas être défendues, sans elle le choc des civilisations deviendra plus probable et le péril pour l’humanité sera terrible.
  Je veux être le Président d’une France qui dira aux Européens : « nous ne ressusciterons pas la Constitution européenne. Le Président Giscard d’Estaing a fait un travail remarquable, mais le peuple a tranché. L’urgence c’est de faire en sorte que l’Europe puisse fonctionner de nouveau en adoptant par la voie parlementaire un traité simplifié. L’urgence est celle d’une Europe qui joue le jeu de la subsidiarité, qui se dote d’un gouvernement économique. C’est celle d’une Europe dans laquelle personne ne peut obliger un Etat à s’engager dans une politique à laquelle il est opposé, mais dans laquelle aussi personne ne peut empêcher les autres d’agir.

L’Europe, je l'imagine comme un multiplicateur de puissance non comme un facteur d’impuissance, comme une protection non comme le cheval de Troie de tous les dumpings, pour agir et non pour subir. Je crois en l’Europe comme la voulaient ses pères fondateurs, comme une volonté commune, non comme un renoncement collectif. Je demeurerai toute ma vie un Européen convaincu. Mais je veux avoir la liberté de dire que l'Europe doit se doter de frontières, que tous les pays du monde n'ont pas vocation à intégrer l'Europe à commencer par la Turquie. A s'élargir sans limite on prend le risque de détruire l'union politique européenne, je ne l'accepterai pas.
Je crois au libre échange et à la concurrence. Mais je veux que cesse la naïveté et que l'on impose la réciprocité dans les négociations commerciales. La concurrence doit être loyale. Ce n'est pas loyal d'imposer à nos entreprises de se battre avec des concurrents qui ne respectent aucune règle environnementale, sociale, morale.
Je veux être le Président d’une France qui dira aux Européens : « nous ne pouvons plus continuer avec une monnaie unique sans un gouvernement économique. Nous en pouvons plus continuer avec une Europe sans préférence communautaire, où un pays membre peut décider unilatéralement de régulariser massivement ses immigrés clandestins sans demander l’avis de personne alors que ses frontières sont ouvertes. »
Je veux être le Président d'une France fière de ses régions d’Outre-Mer qui sont une chance pour notre nation et qui ont le droit au développement par l'instauration de zones franches globales.

Je veux être le Président d’une France qui ira dire aux Européens : « nous ne pouvons pas continuer à tourner le dos à la Méditerranée, car autour de cette mer où depuis deux mille ans la raison et la foi dialoguent et s’affrontent, sur ces rivages où l’on a mis pour la première fois l’homme au centre de l’univers, se joue une fois encore une part essentielle de notre destin. Là nous pouvons tout gagner ou tout perdre. Nous pouvons avoir la paix ou la guerre, la meilleure part de la civilisation mondiale ou le fanatisme, le dialogue des cultures ou l’intolérance et le racisme, la prospérité ou la misère, le développement durable ou la pire des catastrophes écologiques. »
Je veux être le Président d’une France qui dira à tous les pays de la Méditerranée : « sommes-nous condamnés indéfiniment à la vengeance et à la haine ? Rien ne doit être oublié, mais il nous appartient à tous de forger ici, dans le creuset des siècles et des civilisations, le destin commun de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique, dans une relation d’égalité et de fraternité. »
Je veux être le Président d’une France qui proposera d’unir la Méditerranée comme elle a proposé jadis d’unir l’Europe, et qui inscrira dans la perspective de cette unité les relations de l’Europe et de la Turquie, ses liens avec le monde arabe, la recherche d’une issue au conflit israélo-palestinien, mais aussi l’immigration choisie, le codéveloppement, la maîtrise du libre-échange et la défense de la diversité culturelle.
Je veux être le Président d’une France qui dira aux Européens et aux Africains : « dans un monde où se dessinent de vastes stratégies continentales qui enjambent les hémisphères, il est vital pour l’Europe d’imaginer une stratégie euro-africaine dont la Méditerranée sera fatalement le pivot ».


L'intégralité du discours.
Le discours en vidéo .
Le site de Nicolas Sarkozy.