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  L'UMP a salué vendredi 14 décembre la signature du Traité de Lisbonne en organisant un duplex sur internet autour de personnalités européennes: 

Patrick DEVEDJIAN
Secrétaire Général de l'UMP

Michel BARNIER
Vice Président du PPE, Ministre de l'Agriculture et de la Pêche, en direct de Dijon

Wilfried MARTENS
Président du PPE, en direct du siège du PPE à Bruxelles

Philippe MOREAU DEFARGES
Chercheur à l'Institut Français des Relations Internationales (IFRI)

Luís Filipe MENEZES
Président du PSD, en direct depuis Porto

Les différents échanges peuvent être vus ici.

Notons en particulier l'intervention de Monsieur Patrick DEVEDJIAN, Secrétaire général de l'UMP, qui s'est prononcé contre l'utilisation de la proportionnelle aux élections européennes et en faveur du maintien d'un référendum pour l'adhésion de nouveaux membres à l'UE, comme la Turquie.

Répondant à notre question sur la sur-utilisation de l'anglais au sein des institutions et du PPE, Monsieur MARTENS, conscient de ce problème, a appelé à engager plus de moyens pour favoriser la diversité linguistique... Pour que l'Europe soit plus proche des citoyens, en somme, il ne suffit que d'un peu de volonté... politique! A nos représentants de s'en saisir!

Cette journée fut aussi l'occasion de présenter un livret édité par l'UMP afin de présenter le Traité de Lisbonne. N'hésitez pas à le télécharger et le diffuser autour de vous.

Enfin, cet interview de Jean-Pierre Raffarin est un premier aperçu de la préparation de la présidence française de l'année prochaine:


Adrien Honda-Bornhauser
Responsable du Pôle Journal et du site


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Après la rencontre avec Christian Heldt de mai dernier, l’Atelier Europe revient sur les relations franco-allemandes. Dimanche 14 octobre, l’Atelier a participé au dîner-débat organisée par la Konrad Adenauer Stiftung (KAS), en partenariat avec l’Institut Français des Relations Internationales (l’IFRI). Thème du débat : l’Allemagne et la France, moteur ou frein à l’Europe ?


  Alfred Grosser (professeur émérite à l’IEP de Paris, Grand officier de la Légion d’honneur) a ouvert le dîner en dressant un bilan de la coopération franco-allemande, du point de vue des relations bilatérales, mais également dans le cadre plus large de l’Union européenne. Comment est perçu le moteur franco-allemand en Allemagne depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République ?
 Alfred Grosser à la tribune du salon « Toit de Paris »

Les irritations du couple franco-allemand
On ne peut ignorer les irritations qui sont apparues dans le « franco-allemand » depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir : traité constitutionnel, position sur les fonds spéculatifs, la Banque centrale européenne, la Lybie, EADS. À Berlin, le sentiment est que le président français veut mettre en œuvre une politique financière que l’Europe ne veut pas. L’autre reproche de Berlin à Paris réside dans la méthode du Président Sarkozy, perçue outre-Rhin comme une expression du « moi je » français.

ONU
L’Allemagne sait que la France plaidera pour que l’Allemagne ait un siège au Conseil de sécurité des Nations-Unies... tant que cela ne sera pas possible, notamment parce que Washington s’y oppose. Les raisons de cette opposition sont diverses, la principale est qu’il serait impossible de faire rentrer l’Allemagne dans le prestigieux Conseil sans y inviter le Brésil, le Japon ou l’Inde, ce qui remettrait en cause tout le système.

Autre pomme de discorde : l’atome
L’énergie atomique va continuer de diviser la France et l’Allemagne pendant longtemps. La population allemande reste pour la grande majorité totalement opposée à la construction de nouvelles centrales nucléaires, contrairement à la France où l’énergie atomique fait globalement consensus entre la droite et la gauche. Partant de ce constat, comment construire une politique énergétique commune si l’on ne parvient pas à se mettre d’accord sur l’énergie nucléaire ?

Quid de la recherche et des échanges culturels ?
Au-delà de ces irritations franco-allemandes, la coopération scientifique et industrielle (malgré les difficultés avec EADS) est plutôt dynamique. En revanche, sur le plan culturel, nul ne peut nier le fait que le « franco-allemand » recule tous les jours. Les Instituts français en Allemagne continuent de vivre grâce aux subsides allemands, il n’y a quasiment pas de contrepartie française. Les institutions transnationales, qui permettent à la société civile de s’exprimer, font cruellement défaut (l’Atelier Europe espère à terme ouvrir un bureau en Allemagne !). Symbole des échanges culturels franco-allemands, l’OFAJ (l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse), crée dans la foulée du Traité de l’Elysée de 1963,  par le Général de Gaulle et Konrad Adenauer, est en train de mourir lentement. Il faut néanmoins souligner une initiative très intéressante:  Deutschmobile et France Mobile
s'occupent de promouvoir l'allemand et le français, en faisant du "porte à porte" d'école en école, c'est-à-dire en présentant les avantages de l'appentissage de ces deux langues au sein des collèges et des lycées de France et d'Allemagne.

Le moteur franco-allemand et l’UE
Lorsque l’on parle des relations franco-allemandes, la question fondamentale « le couple franco-allemand est-il toujours le moteur de l’Europe ? » revient systématiquement sur la table. Sur le sujet, Alfred Grosser a insisté sur le concept de « l’Europe du noyau », ce regroupement qui devrait éviter un partage de l’Europe en  zones d’influence, la Méditerranée (espace qu’il s’agirait de définir…) pour la France, et l’Europe de l’Est pour l’Allemagne.
Or qu’est ce que l’on observe ? Pendant que la Présidence allemande de l’Union européenne se concentrait, entre autres choses, sur l’Asie centrale, comment redynamiser la Politique Européenne de Voisinage et le partenariat stratégique avec la Russie, en France Nicolas Sarkozy mettait de plus en plus en avant son idée de politique méditerranéenne.

Sur le terrain de la politique extérieure, l’Allemagne semble regretter que la France n’ait pas joué le rôle de médiateur, avec la Pologne ou la République tchèque par exemple. Lorsque la question des Sudètes est revenue sur la table des négociations, certains Allemands ont été surpris par la réaction d’un représentant de l’Ambassade de France à Prague, qui a répondu à la demande de médiation par un «  ce n’est pas notre affaire ».  Au sujet de la Pologne, il est évident que le triangle Chirac-Schröder-Poutine a largement perturbé le triangle de Weimar entre Paris, Berlin et Varsovie, et il faut donc espérer que le changement de leadership, tant en France qu’en Allemagne, change la donne. L’Allemagne tente de travailler à nouveau de concert avec la Pologne, et à ce titre, la KAS fait un travail remarquable pour favoriser ce rapprochement. Mais force est de constater que les sentiments anti-allemands sont toujours vivaces en Pologne. Enfin, sur l’élargissement, Monsieur Grosser a insisté sur le fait « qu’il faut prendre conscience de ce que l’on peut faire et de ce que l’on doit faire ». Refuser l’ouverture du marché du travail aux Polonais, cela favorise le travail au noir dans l’Union européenne, dans le secteur vinicole par exemple.

Les points de convergence : Russie, Israël
Les points de convergence entre l’Allemagne et la France se retrouvent dans la politique vis-à-vis d’Israël et de la Russie : soutien à l’Etat d’Israël mais lutte contre les nouvelles implantations dans les territoires; dialogue franc et surtout fermeté avec la Russie dans le cadre du partenariat stratégique. Comme l’a souligné Monsieur Grosser, « dans le franco-allemand, on en est plus à dire que quand Berlin (ou Paris) va à Moscou, c’est contre l’autre ». Mais l’Allemagne attend davantage de cohérence et de fermeté dans la politique française vis-à-vis de la Russie.


Pour finir, Monsieur Grosser a rappelé les deux fondamentaux de la relation franco-allemande, qui permettent cette compréhension des rapprochements :
- la prise en compte de la souffrance de l’autre
- la prise de distance par rapport à soi-même
En d’autres termes, il ne faut pas s’enfermer dans une identité, se ghettoïser, et refuser de s’exclure et d’exclure les autres.



   L’Atelier Europe remercie chaleureusement Béatrice Gorawantschy, Directrice du bureau parisien de la Fondation Konrad Adenauer, pour son invitation.
 Camille Servan-Schreiber, Béatrice Gorawantschy,
Vincent Yquel; Hôtel Hilton




Camille Servan-Schreiber
Vice-Présidente, Responsable du Pôle Études