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Grossetête
 La Commission vient de présenter son plan de diminution des émissions de CO2 avec pour objectif de réduire unilatéralement les émissions de gaz à effet de serre de 20 % (par rapport au niveau de 1990) d'ici à 2020.  Comment concilier cette volonté avec le souci de maintenir une compétitivité économique face à des pays (Russie, Chine, États-Unis) qui n'ont pas les mêmes soucis écologiques ?
Madame le Député européen Françoise Grossetête, membre de la  Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, nous répond.


L'énergie est devenue une véritable arme de négociation internationale.

C'est pourquoi j'estime que les solutions apportées face au changement climatique doivent être internationales et l'Union européenne doit pouvoir jouer un rôle de premier plan.

Depuis la crise du gaz entre la Russie et l'Ukraine en janvier 2006, l'Union européenne a pris conscience de sa fragilité en matière d'approvisionnement énergétique.

Il est "vital" que l'UE reste à l'avant-garde du combat mondial contre le changement climatique et que les technologies qui économisent l'énergie soient promues dans toutes les relations extérieures que l'UE entretient avec les pays tiers.

Le Parlement européen a évoqué en septembre 2007 la possibilité de nommer, "avec l'approbation du Conseil et de la Commission", un représentant spécial pour l'énergie, qui aurait pour mission de coordonner l'ensemble des politiques énergétiques nationales, rassemblées sous le chapeau d'une politique européenne commune, ce qui permettra à l'UE de défendre ses intérêts en matière de sécurité énergétique dans les négociations avec des partenaires extérieurs.

Il est en effet essentiel à mes yeux de créer une politique étrangère commune de l'UE dans le domaine de l'énergie portant sur la sécurité de l'approvisionnement, le transit et les investissements liés à la sécurité énergétique, la promotion de l'efficacité énergétique et les économies d'énergie.

Les Etats membres doivent poursuivre des politiques actives au niveau politique de façon à permettre à la Communauté de diversifier ses sources d'approvisionnement énergétique et de réduire ainsi sa dépendance énergétique face à la Russie notamment.

L'Europe doit être l'exemple à suivre en matière de normes environnementales. C'est aussi comme ça que l'Europe pourra construire son identité autour de la lutte contre le réchauffement climatique en se présentant comme un modèle car la Chine et l'Inde n'ont à l'heure actuelle pas de politique de développement viable à long terme.

La Commission européenne tente de répondre à cette menace en réaffirmant sa volonté d’une politique européenne intégrée de l’énergie et du climat dans le paquet « Energie – Climat » proposé le 23 janvier 2008 au Parlement européen.

L’objectif est de limiter le réchauffement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre à 2°C d’ici 2100 et la France souhaite parvenir à un compromis sous sa Présidence de l'UE au deuxième semestre 2008.

Le plan d’action élaboré par la Commission européenne a été récemment approuvé par les chefs d’Etat et de gouvernement, et précise les ambitions de l’UE :

- Réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2020, voire 30% en cas d'accord international
- Augmenter de 20% l’efficacité énergétique
- Atteindre une proportion de 20% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l’UE d’ici 2020, soit une progression de 11.5% par rapport à la situation actuelle
- Atteindre une proportion de 10% de biocarburants dans la consommation totale des véhicules d’ici 2020

Désormais, il appartient à tous les acteurs, particuliers, entreprises, administrations et collectivités, de faire preuve d’une volonté d’action commune dans le respect des normes qui se mettront progressivement en place pour la sauvegarde de notre environnement.

Le rapport, rédigé par l'ancien économiste en chef de la Banque mondiale Nicholas Stern, souligne qu'une action internationale immédiate pour stabiliser les émissions de gaz à effet de serre à l'origine des changements du climat planétaire aurait des retombées économiques bien supérieures au coût des mesures prises en ce sens.

Selon le rapport Stern, ne rien faire pour lutter contre le changement climatique risque d'entraîner une crise économique de l'ampleur de celle de 1929.

Le monde n'a pas à choisir entre la lutte contre le changement climatique et la croissance économique. L'argument selon lequel la lutte contre le réchauffement de climatique aurait un coût sur l'emploi est totalement faux.
Les données relevées par l'étude mènent à une conclusion simple: les bénéfices d'une action forte et rapide dépassent considérablement les coûts.

La réduction dès aujourd'hui des émissions de gaz à effet de serre ne pénaliserait pas le PIB mondial de plus de 1 %.

Au contraire, l'inaction pourrait entrainer une chute entre 5  et 20 % du produit intérieur brut mondial (PIB), d'ici à la fin du siècle. Le prix à payer pour ce ralentissement s'élèverait à plus de 3 700 milliards de livres (5 500 milliards d'euros).


Ceci implique notamment des actions très volontaristes dans l’habitat et les transports pour développer les économies d’énergie, accroître l’efficacité énergétique et augmenter la part des énergies renouvelables, autant de mesures qui changeront profondément nos comportements et modes de fonctionnement.

Concrètement, la France devra réduire de 77 millions de tonnes d’équivalent CO2 ses émissions d’ici 2020. Pour atteindre cet objectif ambitieux, trois axes sont prioritaires :

- Gagner en efficacité énergétique moyenne de nos bâtiments et logements (de 250 kW par m2 aujourd’hui à moins de 100 kW par m2 en 2020).
- Réduire l’utilisation globale de transports polluants en développant plus rapidement l’arrivée de véhicules « propres » (ex : véhicules hybrides et électriques de nouvelle génération) et de nouveaux modes de transports urbains (ex : vélos électriques, navettes modulables intelligentes). Des efforts considérables devront aussi être réalisés pour promouvoir le télétravail et les téléactivités qui limitent les déplacements professionnels.
- Décarbonner et décentraliser plus largement notre production énergétique, notamment en multipliant au moins par 10 d’ici 10 ans la production éolienne (terrestre et offshore) et par 40 ou 50 notre production solaire (thermique et photovoltaïque).

Pour atteindre de tels objectifs, l’Europe a posé le cadre législatif qui permet l’essor des énergies renouvelables tout en limitant nos émissions de gaz à effet de serre. Les principaux apports de ce nouveau paquet touchent au système communautaire d’échange des quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS), aux biocarburants, aux énergies renouvelables et au captage/stockage de CO2.

En outre et afin de placer la part des énergies renouvelables à 20% dans la consommation totale des Européens d’ici 2020, la Commission européenne a désormais instauré des objectifs nationaux contraignants.

La répartition des objectifs entre Etats se fait sur la base d’une progression commune de 5,75%, complétée suivant des quotas variables fonctions du PIB de chaque Etat.

La France se voit ainsi attribuer un objectif de 23% d’énergies renouvelables dans sa consommation totale d’énergie d’ici 2020. Il faut noter toutefois que l'énergie nucléaire n’a pas été reconnue comme énergie renouvelable alors qu’elle produit près de huit fois moins d’émissions que le solaire, trente-sept fois moins que le pétrole et cinquante-quatre fois moins que le charbon.

J'aimerais d'ailleurs dire quelques mots sur le nucléaire et de ses liens avec le réchauffement climatique. Il me parait en effet important de rappeler que le recours au nucléaire évite l'émission de près de 720 millions de tonnes d'équivalent CO2 par an au sein de l'Union européenne, ce qui représente environ le total d'équivalent CO2 émis par l'ensemble du parc automobile européen!

Il est à mon sens primordial que l'Union européenne conserve un bouquet énergétique diversifié et flexible afin de faire face aux défis combinés de la sécurité d'approvisionnement énergétique, de la réduction des émissions de CO2 et de la fourniture d'électricité à des prix compétitifs.

Les besoins énergétiques de l'Union européenne doivent être couverts par des sources exemptes de carbone ou au moyen de technologies qui réduisent les émissions de gaz a effet de serre. Il n'existe d'ailleurs  pas de solution unique à ce problème mondial et, par conséquent, j'estime qu'aucune source d'énergie ne devrait être exclue ou privilégiée pour des raisons idéologiques ou politiques.

Cette répartition des objectifs nationaux ne semble pas la plus satisfaisante puisque la méthode choisie ne prend pas en considération la situation de départ des Etats pour leurs émissions de gaz à effet de serre. L'approche n'est qu'économique car calculée sur le simple PIB. En l’occurrence, la France produit environ 25% d’émissions de gaz à effet de serre de moins que ses partenaires européens tandis qu’elle se voit attribuer l’un des objectifs les plus ambitieux.

L'idée d'imposer un objectif ambitieux dans la production d'énergies renouvelables doit avoir pour finalité de réduire les émissions de gaz à effet de serre sans pénaliser les perspectives de croissance.

Or, il y a une certaine hypocrisie à confondre les objectifs et les moyens!

En effet je constate que la méthode choisie par la Commission visant à imposer une augmentation de 5,75% de la consommation d’énergies renouvelables pour tous les pays, et à moduler le reste en fonction du PIB de chaque Etat, ne prend pas en compte la situation de départ des différents Etats en termes de rejet de gaz à effet de serre.

Il me parait au contraire opportun que l’effort global de réduction des émissions attendu de chaque Etat membre d’ici 2020 varie selon le niveau de départ de ses émissions par habitant, sans préjuger des mécanismes de solidarité entre Etats. Les Etats émettant le plus de gaz à effet de serre doivent en effet faire davantage d'efforts pour une répartition plus équitable des réductions d'émissions

Cette proposition doit maintenant être étudiée par le Parlement européen et le Conseil de l’Union Européenne suivant la procédure de codécision. Le paquet législatif devrait ensuite être mis en œuvre, suivant le souhait de l’exécutif européen, avant les élections du Parlement européen de 2009.

De façon générale, ces mesures visent à transformer notre économie vers un développement durable qui intègre l’impact de nos activités sur l’environnement. Le coût de telles mesures est estimé par M. José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, à moins de 0.5% du PIB de l’UE d’ici 2020, soit « trois euros par semaine et par personnes ». Ces mesures auront notamment un impact direct sur les prix de l’électricité, en hausse de 10% à 15% d’ici 2020.

Toutefois, ces chiffres ne sont pleinement pertinents qu’en regard du coût de l’inaction, généralement reconnu bien supérieur comme le souligne le rapport Stern. De plus, le nouveau cadre légal doit permettre de favoriser les investissements dans des énergies « propres » et constituer une opportunité décisive pour l’innovation et la compétitivité des entreprises européennes.

Les objectifs fixés par l’Union Européenne sont très ambitieux mais à la mesure des enjeux environnementaux des prochaines décennies. Désormais, il s’agit de mettre en œuvre des actions concrètes à tous les niveaux afin de garantir un développement durable et responsable de nos territoires.

Nous ne devons dès lors plus considérer le réchauffement climatique comme un "problème politique", mais bien comme le plus grand défi moral de notre civilisation.

Enfin, je terminerai en soulignant l’importance du dialogue que doivent renouer pays consommateurs et pays producteurs, pays du Nord et pays du Sud. Notre politique énergétique doit être abordée sous l’angle de la solidarité. Nous devons partager les efforts de recherche avec les pays en développement. Ainsi, le partenariat euro méditerranéen peut servir à renforcer la coopération internationale en matière énergétique.  L’éolien, mais surtout le solaire doivent y occuper une place importante. Dans un contexte de raréfaction des ressources naturelles, seule une utilisation rationnelle de l’énergie et une mise en commun des connaissances nouvelles en matière de diplomatie verte permettra un réel développement durable.





L'Atelier Europe remercie chaleureusement Madame le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe et nous vous invitons à la retrouver sur son site.




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    La Convention sur l'Europe organisée par l'UMP, s’est déroulée mercredi 30 janvier 2008, à la Maison de la Mutualité, à Paris. Les deux tables rondes étaient animées par Alain LAMASSOURE, deputé européen; Pierre LEQUILLER, président de la délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne; et Hubert HAENEL, président de la délégation du Sénat pour l’Union européenne.



    La première table ronde a examiné les modifications introduites par le Traité de Lisbonne. Elle était composée de Gianfranco FINI, ancien vice-président du Conseil italien; Bronislaw GEREMEK,ancien ministre des Affaires étrangères polonais; Pierre GIACOMETTI, ancien directeur d’Ipsos; Sylvie GOULARD, présidente du Mouvement européen France; Françoise GROSSETÊTE, député européen (France); Inigo MENDEZ DE VIGO, député européen (Espagne); et Vaira VIKE-FREIBERGA, ancienne Présidente de Lettonie, vice-présidente du groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe. La table ronde a été conclue par Michel BARNIER, ministre de l’Agriculture et de la Pêche. Mariano RAJOY, président du Partido Popular (Parti Populaire Espagnol), et le Premier Ministre, François FILLON, ont ensuite prononcé deux allocutions.

    La seconde table ronde a détaillé l’ordre du jour de la prochaine Présidence française de l’Union européenne. Elle était composée de Jacques BARROT, ancien ministre, vice-président de la Commission européenne, commissaire européen aux Transports; Nicolas BAVEREZ, avocat et essayiste; Joachim BITTERLICH vice-président exécutif de Veolia environnement pour les affaires internationales; Jean-Dominique GIULIANI, président de la Fondation Robert Schuman; Antoine HERTH, secrétaire national de l’UMP en charge de l’agriculture, député du Bas-Rhin; Brice HORTEFEUX, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement; et Pierre LELLOUCHE, député, conseiller de Paris.

    La journée a été couronnée par les discours d'Angela MERKEL, Chancelière de la République Fédérale d'Allemagne, et du Président de la République, Nicolas SARKOZY.


Le traité de Lisbonne: une Union européenne plus efficace et plus démocratique

    Inaugurant la première table ronde, Alain LAMASSOURE a rappelé les progrès institutionnels introduits par le traité de Lisbonne :
  • vote à l'unanimité au Conseil remplacé par la majorité qualifiée pour un certain nombre de sujets, ce qui permettra d'éviter de nombreux blocages ;
  • extension du mécanisme de la coopération renforcée, qui permettra aux pays « éclaireurs » d'ouvrir des nouvelles voies (un point également souligné par Michel BARNIER) ;
  • désignation d’un Président du Conseil européen à temps plein, qui, aux côtés du Président de la Commission et du Haut-Représentant pour la Politique Etrangère, permettra d’accroître la cohérence interne et la visibilité externe de l’Union européenne ;
  • compétences renforcées du Parlement européen, qui votera la totalité du budget européen et investira le Président de la Commission au lendemain de sa propre élection ;
  • l’UE dotée de la personnalité juridique.
Ces avancées rendront l’Union européenne plus efficace et plus démocratique.


Quelles nouvelles politiques pour l’Union?

    Alain LAMASSOURE a également souligné que la fin du débat institutionnel permettrait à l’UE de se tourner vers ce qui intéresse réellement ses citoyens, à savoir la politique.

    Le traité de Lisbonne définit lui-même de nouvelles politiques. Inigo MENDEZ DE VIGO a mis en avant la lutte prioritaire contre le réchauffement climatique. Vaira VIKE-FREIBERGA et Bronislaw GEREMEK ont fortement appuyé la définition d’une politique énergétique européenne. Bronislaw GEREMEK a également appelé l’Union européenne à ne pas négliger l’éducation de ses citoyens à l’humanisme et à la solidarité. Sylvie GOULARD a rappelé que, si le nouveau Traité permettrait effectivement d’améliorer la transparence au sein de l’Union, la démocratisation des pratiques européennes restait à accomplir. Gianfranco FINI et François FILLON se sont félicités du contrôle de subsidiarité accordé aux Parlements nationaux.

    S’agissant des défis à relever, Vaira VIKE-FREIBERGA a souligné le rôle capital du Kosovo pour la réussite ou l’échec de la politique extérieure de l’UE. Gianfranco FINI et Inigo MENDEZ DE VIGO ont pour leur part appelé à poursuivre les négociations d’adhésion avec la Turquie. Patrick DEVEDJIAN et Françoise GROSSETÊTE ont toutefois rappelé deux des conditions préalables à une adhésion éventuelle: le retrait de l'armée turque du Nord de Chypre et la réunification de l’île.

    Enfin, Pierre GIACOMETTI a rappelé que, en dépit de différences entre les pays, la pauvreté, l'exclusion sociale et le chômage, l'insecurité intérieure (délinquance) et extérieure (terrorisme) et l'immigration constituaient des préoccupations communes à l’ensemble des opinions publiques européennes. Cette unité de vues justifie la définition de nouvelles politiques pour l’UE.


Mariano RAJOY et François FILLON: l’unité européenne restaurée

    L’intervention de Mariano RAJOY a mis en avant les valeurs communes qui unissaient les Européens. Ces valeurs justifient l’existence du projet européen et devront demeurer à la base des futures politiques de l’Union européenne. M. RAJOY a reçu le soutien de l’ensemble des intervenants dans la perspective des prochaines élections législatives en Espagne.

    Dans son discours, François FILLON a rappelé que le non français au traité constitutionnel n'était pas un non à l'Europe. Les modifications obtenues par Nicolas SARKOZY aux traités existants (notamment la protection accrue des services publics et la disparition de la « concurrence libre et non faussée » comme objectif fondateur de l’UE) démontrent que les préoccupations exprimées par les Français lors du référendum ont été prises en compte. Le traité de Lisbonne est soutenu par l’ensemble des gouvernements socialistes européens. Dans ces conditions, la position d’abstention adoptée par le Parti Socialiste français apparaît incompréhensible.


La Présidence Française: pour une Europe qui protège

    A la suite de Nicolas BAVEREZ, les participants à la seconde table ronde ont tous souligné les défis que devrait relever l’Union européenne face à la mondialisation. Jean-Dominique GIULIANI et Pierre LELLOUCHE ont tous deux appelé l’UE à assumer elle-même sa propre défense. Disposant du PIB le plus élevé de la planète (plus de 16 000 milliards de dollars), l'UE ne peut plus en effet se reposer exclusivement sur l’Alliance atlantique, sauf à renoncer à toute autonomie sur la scène internationale. Pierre LELLOUCHE a toutefois souligné qu’une défense européenne efficace devrait dans un premier temps se limiter aux principaux Etats membres, qui contribuent pour l’essentiel aux dépenses militaires européennes. La fixation d'un « critère de convergence défense », d’environ 2% du PNB de chaque Etat membre, apparaît pour l’UE comme un objectif lointain mais possible.

    L'immigration apparaissant comme un souci commun à l’ensemble des Européens, Brice HORTEFEUX a détaillé la proposition, voulue par Nicolas SARKOZY, d’un Pacte européen de l'immigration. L’adoption de ce Pacte, prévoyant notamment une harmonisation des décisions européennes en matière de régularisation et de droit d’asile, constituera une des priorités politiques de la future Présidence Française de l’UE.

    Finalement, Joachim BITTERLICH a rappelé que la sécurité énérgetique et le developpement durable constituaient les priorités fondamentales de l’Union européenne pour les années à venir. La mise en oeuvre de ces deux politique passe par un marché intérieur de l'énérgie, une technologie européenne avancée du « low carbon » et la solidarité énérgetique entre Etats membres.

    En guise de conclusion, Jacques BARROT a appelé de manière urgente l’Union européenne à se doter des moyens de ses ambitions. Ainsi qu’il l’a souligné, le budget global de l’UE ne représente qu’environ 30% du budget du Pentagone! Une somme qui ne permettra en aucune manière à l’Union de faire face aux défis qui l’attendent.

   
Angela MERKEL: des nations fortes dans une Europe fière de son modèle social

    Rendant un hommage appuyé à l’amitié franco-allemande et au rôle personnel de Nicolas SARKOZY dans le succès de la présidence allemande de 2007 et la conclusion du nouveau traité, Angela MERKEL a promis l’appui de l’Allemagne pour assurer le succès de la présidence française.

    La Chancellière a ensuite souligné la difficulté et la nécessité des ruptures induites par la mondialisation. Certaines réformes, comme le prolongement de la durée légale du travail, sont naturellement mal comprises par la population. Ces réformes sont pourtant indispensables pour préserver l’emploi, les droits sociaux et le développement durable en Europe. L'attachement à l’économie sociale de marché représente, pour l’Allemagne comme pour l'Europe, une spécificité digne d’être préservée, mais qui nécessitent des adaptations permanentes.

    L'Union européenne, a rappelé Mme Merkel, ne peut pas fonctionner sur un mode centralisé: certaines politiques doivent nécessairement rester de la compétence des Etats. Qui plus est, l’attachement des citoyens à leurs identités nationales ne doit pas être combattu, mais respecté. L’Union européenne doit avancer dans le respect des racines historiques de l’Europe.


Nicolas SARKOZY: une grande ambition pour l’Europe

    Rendant à son tour hommage à la Chancellière, Nicolas SARKOZY a lui aussi souligné son attachement à l’amitié franco-allemande. Il a également rappelé son attachement aux racines historiques de l’Europe, notamment ses racines chrétiennes.
  
    Pour le Président de la République, l’Europe doit à la fois protéger ses citoyens et tirer parti de la mondialisation. Cette ambition justifie les priorités définies pour la prochaine Présidence française de l’Union européenne :
  • L’immigration. Dans une Union européenne désormais sans frontières, une politique commune en matière d’immigration apparaît pour le Président incontournable. Ce sera le sens du Pacte européen de l’immigration que la France proposera à ses partenaires.
  • La sécurité européenne. Le Président a rappelé que « l’Europe ne sera pas une puissance politique si elle n’est pas capable d’assumer elle-même sa sécurité ». Il a en conséquence renouvelé son appel à accroître et à mutualiser les dépenses militaires européennes.
  • La PAC. Nicolas SARKOZY a insisté sur la nécessité de préserver l’indépendance alimentaire de l’UE, y compris par le maintien de la préférence communautaire.
  • L’énergie et l’environnement. Le Président de la République a appelé les Européens à prendre la tête de la lutte pour un monde durable.

    Le Président français a également rappelé sa volonté de voir l’Union européenne stabiliser ses frontières. Il a réaffirmé son désir de voir la Turquie conclure un Partenariat privilégié avec l’Union européenne. Il a conclu son intervention par un message d’espoir pour l’avenir et un engagement à mettre la « culture de l’écoute et du compromis » au « service de l’action ».


Nous avons aussi demandé leur avis sur cette journée à, respectivement, Monsieur le Député européen Gauzès, Madame le Député européen Grossetête et Monsieur le Député Lequiller:




L'intégralité de la Convention peut être vue en vidéo ici.


Alexandra GEROTA
Pôle Journal

Quentin PERRET
Pôle Études / Responsable du Groupe Énergie et Europe Élargie




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 3ème volet de notre série sur le 50ème anniversaire du Traité de Rome, Madame le Député européen Françoise Grossetête définit "Dans quels domaines l'Union européenne est-elle perfectible ?"

Si l'Union européenne peut et doit pouvoir progresser dans un certain nombre de domaines où elle apporte une valeur ajoutée, ses actions présentes et futures doivent être mieux perçues par l'ensemble des citoyens.

Une communication plus  efficace  apparait comme une solution essentielle pour que les citoyens se réapproprient un projet européen porteur d'espoir. L'Union européenne doit rester une ambition et non pas une contrainte.

L'Union doit avant tout "mieux légiférer" pour reprendre la formule lancée par la Commission européenne afin de simplifier la législation communautaire.  Sur un plan institutionnel, un traité simplifié comme le propose Nicolas Sarkozy parait indispensable. Il n'aura pas pour but de refondre l'Europe politique. Il aura pour but que les institutions européennes qui ne fonctionnent plus se remettent à fonctionner dans une Europe à 27. Certaines réformes comme l'"extension du domaine de la majorité qualifiée" ou "l'extension du domaine de la codécision" pour accroître le rôle du Parlement européen ne peuvent plus attendre.

Mieux légiférer, cela signifie :

-   rendre la législation claire et accessible aux citoyens, d’un point de vue rédactionnel;

-  éviter de complexifier la législation outre mesure

Il s’agit non seulement de juger de la pertinence d’un acte législatif communautaire (notamment au regard du principe de subsidiarité), mais encore d’évaluer la cohérence des textes proposés avec les priorités politiques de l’UE. 

L'Europe a souvent voulu trop règlementer, sur tout et parfois n'importe quoi ! Mais l'Union n'a pas vocation à se mêler de tout. En revanche, elle doit faire mieux sur les politiques qui requièrent un niveau de décision au moins européen, et qui représentent une véritable valeur ajoutée européenne comme par exemple l'environnement ou bien encore l'amélioration des services de soins de santé transfrontaliers afin d'assurer la sécurité juridique et la coopération entre les systèmes de santé nationaux.

La réalisation des objectifs de l’Union, notamment en termes de compétitivité, de croissance et d’emploi, est étroitement liée à l’amélioration de l’environnement réglementaire communautaire. L’amélioration et la simplification du "cadre réglementaire dans lequel fonctionnent les entreprises" ont été inscrites dans la stratégie de Lisbonne qui vise à faire de l'Union européenne "l'économie de la connaissance la plus compétitive du monde d'ici à 2010". Pour que ces paroles ne restent pas lettres mortes, les Etats membres, les partenaires sociaux et les citoyens doivent pouvoir s'approprier les réformes nécessaires à mettre en œuvre.

Il est temps aujourd'hui pour l'Union de se concentrer sur l'essentiel, en respectant le principe de subsidiarité, et en répondant aux attentes de nos concitoyens.




L'Atelier Europe remercie chaleureusement Madame le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe et nous vous invitons à la retrouver sur son site.

Les Français n'attendent pas une alternance classique en mai 2007. Ils aspirent à un changement dans la méthode rompant avec les habitudes, les conformismes et les insuffisances de la vie politique traditionnelle.



Tout au long de son parcours politique Nicolas Sarkozy a démontré sa capacité à évoluer et à acquérir une véritable stature d'Homme d'Etat. Proche des attentes de chacun il incarne la modernité dans un monde qui  bouge sans cesse. Il sait décomplexer la droite républicaine qui n’osait plus affirmer ses convictions, notamment libérales, face à une pensée unique, véhiculée par la gauche.


Le parler vrai, le parler simple, le parler direct, sont sa marque de fabrique et révèlent ses grandes qualités humaines: affronter des réalités, se dire des choses, même si elles ne sont pas bonnes à entendre, obtenir des résultats, voilà sa recette. Il dénonce les vrais problèmes, apporte des solutions concrètes. Son programme est séduisant parce qu'il réaffirme les valeurs de l'effort, du travail, il parle "d'ascenseur social" pour que tout le monde puisse espérer arriver plus haut que ses parents. Avec un vrai sens pratique, il affiche sa volonté de voir chacun accéder à la propriété et de pouvoir la transmettre à ses enfants après une vie de travail.
Pour cela et pour de nombreux autres exemples, Nicolas Sarkozy est l'homme proche des attentes de chacun. Il a le courage de défendre ses idées avec une proximité déconcertante.

Nicolas Sarkozy incarne, au plus proche des préoccupations des Français, une ambition juste pour la France mais aussi pour la France dans l'Europe. Parce que la France ne pourra rien sans l'Europe. Pour que les Français se réapproprient le projet européen, il s'engage à fixer un cadre géographique et politique à l'Union européenne. Pour cela il souhaite donner des frontières à l'Europe réaffirmant avec courage son opposition à l'entrée de la Turquie dans l'Union. L'Europe politique ne fonctionnera pas si elle est diluée dans une zone aux contours non définis. 

Pour sortir de la crise institutionnelle que connaît l'Europe depuis le référendum français, il propose un projet de traité simplifié acceptable par tous qui permettra de reprendre les dispositions longuement travaillée au sein de la Convention européenne sans rouvrir les débats politiques sur lesquels un compromis avait été trouvé.


Parce que l'Union européenne doit être une ambition et non une contrainte, parce qu'elle doit susciter l'enthousiasme de nos concitoyens et non leur méfiance, il croit en une Europe politique moderne et ambitieuse.

Les Français souhaitent mettre un nouveau visage sur le mot politique. Nicolas Sarkozy n'est pas seulement la réponse au "pourquoi" mais aussi au "comment".  



Françoise Grossetête
Député européen
Adjoint au Maire de Saint-Etienne