BlogPremium
RSS
RSS comm
Le 13 et 14 mars dernier, s'est tenue la réunion de printemps du Conseil Européen. À l'ordre du jour, le lancement du nouveau cycle de la stratégie de Lisbonne (lancée en 2000) a occupé les chefs d'État et de gouvernement européens pendant la majorité du Conseil. La question du climat du climat et de l'énergie, de l'Union pour la Méditerranée et de la stabilité des marchés financiers ont également été débattues.

Le second cycle de la stratégie de Lisbonne s'étend de 2008 à 2010. Le projet phare de cette réunion, qui s'est tenue pour la première fois en 2000,  était et reste la croissance et l'emploi. Ce cycle sera essentiellement axé sur la mise en œuvre et la poursuite des réformes. Pour créer des emplois plus nombreux, le Conseil propose de développer la croissance et d'aider les financements des systèmes de protection sociale en vue de relever le défi du vieillissement de la population. La modernisation des marchés du travail devrait engendrer un renforcement du pôle « éducation » composé du secteur de la recherche, de l'innovation et de l'enseignement.
Dans le même but d'assurer la croissance future, on envisage d'exploiter plus à fond le potentiel d'innovation du vivier scientifique européen. Il faudrait pour cela investir davantage et plus efficacement dans les trois domaines du pôle «éducation». On compterait ainsi atteindre l'objectif de 3% d'investissement dans la recherche & développement. Les projets clés GALILEO, l'IET et les initiatives technologiques conjointes auront une attention particulière. Les PME innovantes seront fortement encouragées.
Les principes de «flexisécurité» ont été évoqués. Il s'agit de développer la flexibilité des marchés du travail et par la même la sécurité dans l'emploi et celle des revenus. Cette mesure tient à se préoccuper des discriminations à l'emploi.
Un autre grand point de préoccupation de la stratégie est la création d'un environnement favorable aux entreprises, en particulier les PME. Le marché unique permettant d'accroître la compétitivité de l'Europe, le conseil offre d'étendre la concurrence surtout pour les secteurs de l'énergie, la communication et l'électronique. L'achèvement du marché unique conclura l'amélioration de l'environnement des PME.
C'est en mars 2000 que ce grand projet a vu le jour, avec pour but ultime qu'en 2010 les trois domaines de réformes soient finalement aboutis. La connaissance et l'innovation, l'attractivité des entreprises et l'emploi comme facteur de cohésion sociale sont les grands fondements de la Stratégie de Lisbonne. L'intérêt particulier de ces réformes, c'est qu'elles s'activeront aussi bien au niveau communautaire qu'au niveau national, grâce aux «Programmes nationaux de réformes».

Dans un deuxième temps l'UE veut imposer sa dynamique en ce qui concerne les changements climatiques et l'énergie. Après un rappel des engagements pris en matière d'environnement et de politique énergétique, lors de la réunion de printemps de 2007, les chefs d'État et de gouvernement se sont promis d'atteindre les objectifs et d'accélérer les efforts pour acquérir une économie sûre et viable, produisant peu de composés carbonés. La transition économique devra néanmoins répondre à la garantie de sécurité d'approvisionnement énergétique et à une gestion saine des finances publiques. Ces objectifs devraient être approuvés d'ici à la fin de l'année.

Pour finir, le conseil a approfondi le processus de Barcelone quant à l'Union pour la Méditerranée. La création de cette Union est à présent convenue. Ce dossier, datant de 1995, a pour projet de « promouvoir la paix et la stabilité dans la région méditerranéenne grâce au renforcement du dialogue politique et de sécurité, au développement de la coopération économique et financière et à un partenariat plus étroit dans le domaine social, culturel et humain. »


       Charline DURAND-WOLFF
Pôle Journal





pagerank


Voici la seconde partie de notre entretien avec Monsieur Baudouin Bollaert.
La première partie est ici.



Quels sont aujourd’hui les différents handicaps de la politique d’innovation en Europe ? 
 Cette question est selon notre intervenant liée à la stratégie de Lisbonne laquelle fut définie en 2000 par les dirigeants européens qui se fixaient pour objectif de faire de l’Europe, d’ici à 2010, « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde. » Mais là encore, même si Baudouin Bollaert salue les succès enregistrés avec l’exemple de Galileo, il juge que les grandes firmes nationales gagneraient à travailler davantage ensemble pour faire émerger des projets novateurs en R&D et en innovation.

La défense européenne peut-elle cohabiter avec l’Otan ? Autrement dit comment peut-on concilier une ambition d'une autonomie de l'Europe sur cette question d’une part et de l’autre le maintien de la solidarité atlantique dans le cadre de l'OTAN? 
Otan, défense européenne...même combat ? C’est en substance l’idée défendue Baudouin Bollaert qui estime que les deux entités sont totalement complémentaires. Il rappelle de fait la bonne mise en œuvre actuellement des engagements pris dans le cadre  du processus dit « Berlin plus » repris par l’Union européenne et qui lui permettent d’accéder facilement aux moyens et capacités de l’Alliance pour des opérations dans lesquelles l’Alliance dans son ensemble ne serait pas engagée militairement.


Une question maintenant que tout le monde se pose même si cela un prématuré. Qui voyez-vous comme futur Président pour l’Union Européenne en 2009 ?
 
Qui sera à la tête de l’Union en 2009 ? De Tony Blair à Jean-Claude Juncker Baudouin Bollaert revient sur les personnalités européennes dont les noms sont évoqués ces derniers temps pour occuper ce poste déjà très convoité en 2009. Il  prédit un marchandage inévitable à venir.




Propos recueillis par Paul DOUCET,
Nafi BAKTI et Delphine GANEAU-MENTRÉ




pagerank


"GALILEO est le plus grand projet industriel public porté par l'Union européenne [...].

GALILEO résume assez bien [...] ce que peut devenir la construction européenne:

un géant capable de changer le monde et aussi de faire rêver."

Jacques Barrot ("L'Europe n'est pas ce que vous croyez" - 2007)

 


GALILEO représente une aventure technologique spatiale, mais aussi un fer de lance économique :

compétitivité, innovation, croissance et emploi sont autant de bénéfices futurs à attendre de ce projet.

 

GALILEO …. Derrière cette dénomination en clin d’œil au célèbre astrophysicien Galilée, il s’agit d’un nouveau pas vers une meilleure maîtrise de l’espace et du temps qu’entreprennent les Européens.


Souhait exprimé dans le Livre blanc de la Commission Européenne sur la politique des transports pour 2010, un système de navigation par satellite indépendant devrait voir le jour à l’horizon 2012. Complémentaire du système actuel GPS, GALILEO représente ainsi la contribution de l'Europe à une infrastructure globale de satellites de navigation (GNSS).

Composé d’une constellation de trente satellites et de stations terrestres, GALILEO repose sur une technologie de pointe. Couplé à d’autres nouvelles technologies telles que le GSM ou l’UMTS, GALILEO démultipliera ainsi les possibilités de fournir des données de positionnement et d’offrir des services combinés de très haut niveau.


Derrière la performance technologique se cachent
de nombreux enjeux pour l’ensemble de la population européenne 


Les applications de Galiléo sont variées. Si le transport est régulièrement mis en avant, la Commission européenne ne manque pas de souligner qu’une meilleure information sur le positionnement géographique représente une véritable révolution dans de nombreux secteurs, comme :

  • la justice et les douanes (contrôles frontaliers),

  • les services sociaux (par exemple l'aide aux handicapés ou aux personnes âgées),

  • les travaux publics,

  • la prospection pétrolière (SIG = Systèmes d'Information Géographique),

  • les activités de défense, de protection civile, de sauvetage de personnes en détresse,

  • les loisirs (orientation en mer et en montagne, …),

  • et même le secteur bancaire (détermination de l’heure exacte des transactions financières) .


Au-delà de ces retombées sectorielles, la maîtrise de la technologie de la constellation de satellites conditionne celle des multiples applications industrielles que le positionnement par satellites rendra possible.  

Les enjeux pour la croissance économique future et la compétitivité de
l’Union Européenne ne sont donc pas absents d’une telle entreprise.


De nombreux économistes, sur la lignée de Joseph Schumpeter, aiment rappeler que l’innovation est un moteur de croissance. L'importance de la maîtrise technologique pour accroître le potentiel d'innovation, multiplier nos capacités de connaissances, et leur rapidité d'acquisition a été souligné par plusieurs travaux récents, dont ceux de l'économiste américain Paul Romer.

Galileo représente donc un enjeu économique majeur pour l'Union Européenne, notamment pour le secteur des transports, de la technologie et de la politique environnementale. Le projet n'est pas excessivement coûteux (environ 3 Md€ pour la construction de l'infrastructure) compte tenu du fait que les retombées liées à son exploitation commerciale par les nouveaux services associés sont encourageantes.

Cette formidable innovation est aussi capitale pour la réalisation des objectifs de la stratégie définie à Lisbonne (2000). Ce sont des emplois et des commandes nouvelles que GALILEO devrait également créer, soutenus par des perspectives de croissance annuelle pour les marchés associés au projet. De nombreuses entreprises, à l’image de Thalès, d'Astrium – filiale d’EADS-, ou encore la SSTL britannique, sont ainsi prêtes à déposer leur offre pour remporter les contrats. L’élaboration de ce projet devrait mobiliser l’industrie spatiale, et créer de nombreux emplois dans ce secteur de pointe.


Claudine DESRIEUX
Groupe Économie & Innovation

Paul DOUCET
Responsable du Groupe Économie & Innovation


 

Source: Touteleurope.fr
"Les Echos" 2/11/2006
"Les Echos" 28/11/2007
"Les Echos" 26/11/2007

"La Tribune" 26/11/2007



pagerank

 Madame le Député européen Nicole Fontaine, ancienne Présidente du Parlement européen et membre de la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie répond à notre question de la semaine "Quelles leçons tirer des retards de Galileo? Les entreprises privées et les États peuvent-ils piloter un projet d'intérêt européen ?" :

Lorsqu'en 2005 le projet Galileo a été lancé, il a été annoncé comme un projet clé pour l'Union européenne car il s'agissait de mettre en place d’un système européen de positionnement et radionavigation par satellite, avec la mise en orbite de 30 satellites géostationnaires et la création au sol de centres de contrôle et de mission pour créer les messages de diffusion, détecter les anomalies et améliorer en continue la performance du système.
Il s'agit ainsi de mettre fin au monopole du GPS (Global Positionning System) américain et même de le dépasser avec un degré de précision supérieur. L’enjeu est donc similaire à celui d’Ariane dans le domaine de l’aérospatial ou d’Airbus dans celui de l’aviation : acquérir une indépendance technologique.
La deuxième innovation phare du projet Galileo était son financement, fondé sur un partenariat public-privé.

Initialement, il était prévu de confier d'une part la définition et le développement du système à l’entreprise commune GJU (Galileo Joint Undertaking), une entreprise commune à la Commission européenne et à l’ESA (European Space Agency) – une première dans l’histoire. Et d'autre part, il était prévu de déléguer son déploiement et son exploitation au secteur privé, par le biais d’un contrat de concession.
Selon les termes de la concession, la construction et le lancement du système devait être assurés par un partenariat public-privé (PPP) réunissant l’Union européenne et huit industriels (le géant de l’aérospatiale EADS, les français Thales et Alcatel-Lucent, le britannique Inmarsat, l’italien Finmeccanica, les espagnols AENA et Hispasat et le duo allemand Deutsche Telekom - Centre aérospatial allemand). Selon les termes du PPP initial, le développement et le déploiement des infrastructures de Galileo, dont le coût est estimé à 3,4 Milliards d’euros (pour un coût total de 10 Milliards d’euros si l’on inclut l’exploitation du système), devait être financé à hauteur de un tiers (1 Milliard d’euros) par le budget communautaire et de deux tiers par les industriels formant le consortium.

Deux ans plus tard, et au-delà des problèmes techniques, force est de constater l'échec de cette configuration. Alors que quatre ans de retards ont été accumulés par rapport aux projections initiales, le consortium n’a pas encore établi le contrat répartissant entre ses membres les charges d’investissement.
Plusieurs raisons expliquent cet échec. Tout d’abord, les industriels n'ont pas souhaité investir dans un projet dont les retombées économiques leur semblaient remises en cause– notamment du fait de l’existence du GPS, déjà disponible gratuitement et assurant une couverture quasi mondiale. La part de ce que le privé pourrait financer avait été mal évaluée: actuellement ce n'est plus d'un milliard d'euros financé par le budget communautaire dont on parle mais de 2,5 milliards!

Face au blocage, la Commission, avec le soutien du Parlement européen, envisage de revenir au financement public fondé sur le budget communautaire plutôt que sur des contributions des Etats Membres.
Le passage au financement public, même s’il ne concerne que les phases de développement et de déploiement du système, traduit une évolution de la nature même du programme Galileo. D'un projet de conquête de parts de marché on passe à un projet davantage stratégique, et donc politique, pour l’Europe. Force est de constater que l'absence d'un leadership politique clair a été la cause principale de l'échec du financement public-privé pour un projet européen d'envergure. Cette configuration constituait en soi-même une innovation clé qui aurait pu servir de modèle pour d'autres projets futurs et c'est un échec qu'on ne peut que déplorer.

Quoiqu'il en soit il est urgent que l'Union européenne prenne une décision et parvienne à assurer le lancement de Galileo pour 2012 sans quoi ce projet perdra sa raison même d'être car c'est par son innovation que ce projet se justifie et donnera à l'Europe une avance technologique en matière de radionavigation satellite.



L'Atelier Europe remercie chaleureusement Madame le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe.



 Madame le Député européen Christine de Veyrac, membre de la Commission des transports et du tourisme dresse un panorama des transports en Europe:


La politique des transports fait partie des politiques communautaires depuis l'origine.

Pendant des années, cette politique a été une coquille vide... jusqu'à la libéralisation des transports commencée dans les années 90.

L'Union européenne a ainsi imposé aux Etats l'ouverture à la concurrence du transport aérien, ce qui a fait baisser le prix des billets d'avion et favorisé l'apparition des compagnies à bas coûts.

Aujourd'hui, l'Europe est en train de finaliser la libéralisation du transport de passagers par train : à compter de 2009, la SNCF ne disposera plus d'un monopole sur les lignes internationales (un peu plus tard sur les lignes intérieures).

Mais la libéralisation n'est pas le seul objectif de l'Union. Elle veut renforcer, pour chaque mode de transport, la sécurité du citoyen et la protection de l'environnement.

Ainsi, les institutions européennes souhaitent en ce moment mettre l'accent sur la réduction des émissions de CO2 des différents modes de transport.

En matière de sécurité, l'Union européenne, suite au rapport parlementaire que j'ai présenté, publie depuis l'an passé la liste "noire" des transporteurs aériens interdits de vol dans l'Union, quand ils sont déficients en sécurité.

L'Europe a également renforcé les droits des passagers, avec la mise en place de législations pour les personnes à mobilité réduite et l'obligation faite aux compagnies aériennes de rembourser les passagers en cas d'annulation ou de retard de vol ou de refus d'embarquement. Le transport ferroviaire devrait d'ici peu se doter de règles similaires.

Coté route : le Parlement et le Conseil ont voté la création d'un permis de conduire européen unique, afin d'empêcher des conducteurs-fraudeurs de conduire.

Enfin, la politique européenne des transports vise aussi à renforcer les échanges entre les Etats membres à travers le développement d'un véritable réseau transeuropéen de transport, notamment en finançant le lancement de 30 autoroutes ou lignes ferroviaires qui traversent l'Europe et relient plusieurs Etats entre eux (ex : Thalys, Eurostar, ligne Lyon-Turin, TGV Est, ligne Paris-Bordeaux-Madrid etc...), mais aussi le financement du programme industriel de radionavigation par satellite (GALILEO), concurrent du GPS américain.

Chacun peut le constater : l'Union européenne est devenue très active en matière de transports, elle ne se limite pas à des objectifs purement économiques, elle est à l'écoute des besoins des citoyens par l'établissement de nombreuses règles visant à protéger les voyageurs, et par la mise en place d'une véritable politique de transport durable pour l'Europe.



Nous remercions chaleureusement Madame le Député européen d'avoir participé aux Lundis de l'Europe.