Monsieur le Député européen Alain Lamassoure, Membre du bureau de la délégation des Députés européens UMP répond à notre question de la semaine "Entre un Commissaire qui se plaint du pouvoir de sa Direction Générale, des Ministres qui se font remplacer par leurs Représentants permanents....l'Europe ne serait-elle pas entre les mains de technocrates sans légitimité démocratique ?" : Un Commissaire européen qui déplore le poids de son administration, c'est comme un Ministre qui ferait de même : c'est un mauvais Commissaire. L'administration ne demande qu'à obéir, et, si les structures sont trop lourdes, c'est au patron de les réformer.
Quant à la représentation des gouvernements au Conseil des Ministres, tout dépend de l'importance et de la nature des sujets à l'ordre du jour. Ce qui est profondément choquant, c'est que, en matière législative, les commissions de conciliation entre Parlement et Conseil réunissent en fait vingt-cinq élus (les représentants du Parlement européen) face à un seul politique (le Ministre du pays de la présidence du moment) et vingt-quatre ambassadeurs ! C'est la pratique depuis 1993 : leurs majestés ministérielles ne veulent pas s'abaisser à négocier directement avec ces manants de députés...
Oui, tout cela est archaïque, non démocratique, et indéfendable. D'ailleurs, ça ne fonctionne plus : voilà plus d'un an que le Conseil a annoncé sa volonté de coordonner les politiques énergétiques et les politiques d'immigration, sans aucun progrès concret. C'est pour cela que Nicolas Sarkozy propose de reprendre dans un petit traité les dispositions de la Constitution destinées à permettre à l'Union de décider rapidement et démocratiquement. En particulier, le Président de la Commission et les Commissaires deviendraient pleinement des autorités politiques élues démocratiquement par le Parlement européen, et l'activité législative du Conseil serait assurée exclusivement par des Ministres travaillant dans une complète transparence.
C'est un nouvel exemple du paradoxe absurde du rejet de la Constitution : ceux qui trouvaient l'Europe trop bureaucratique ont refusé la réforme qui la rendait enfin démocratique !
Nous remercions chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il nous apporte.
Nous vous invitons à le retrouver sur son site.