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L’actualité de cette semaine a été marquée par de nombreuses décisions et déclarations en matière économique, une forte préoccupation des consommateurs ainsi que quelques avancements à l’international.

L’économie dans l’UE

Tout d’abord, au niveau de la concurrence, la semaine a été encore plus riche que la précédente. En effet, la Commission a rendu cinq décisions à propos de concentrations. Mais ce sont les aides d’État qui ont été mises à l’honneur, avec pas moins de 10  décisions rendues. Deux d'entre elles ont été l'occassion de rappeler deux principes: un État ne peut pas octroyé une aide à l’exportation à certaines de ses entreprises sans perturber le marché commun. La seconde décision, qui ordonne à l’État la récupération d’aides illégales qu’il avait versées à une entreprise en difficulté, revient sur la nécessité de la viabilité à long terme de l’entreprise aidée.

Cette semaine a été aussi l'occasion pour la Commission de remarquer que l’excédent commercial atteint un niveau historiquement bas, puisqu’il a chuté de 17% en 2007 par rapport à 2006, représentant uniquement 1% du total des dépenses.


Santé Publique et protection du consommateur

Monsieur Piebalgs, Commissaire européen responsable de l’énergie a souligné l’importance de l’énergie nucléaire dans la transition vers une économie à faibles émissions de CO2. Dans le même temps, la directive « Qualité de l’Air » vient tout juste d’être définitivement adoptée, après 2 ans et demi de travaux parlementaires.

En matière de  protection des consommateurs, la Commission indique dans son rapport annuel RAPEX que le nombre de produits jugés dangereux par les institutions communautaires et retirés du marché a progressé de 53% en 2007 par rapport à 2006. Le rapport explique que si la proportion de produits jugés dangereux croît, c’est parce que la surveillance s’améliore, et par conséquent la protection du consommateur également. Les produits les plus touchés sont en premier lieu les jouets, les véhicules motorisés, les appareils électriques et les cosmétiques. Plus de la moitié des produits dangereux provenaient de Chine.

Une enquête de l’Eurobaromètre révèle que 64% des Européens sont préoccupés par la protections des données. Ils estiment à ce sujet que la réglementation n’est pas suffisamment stricte même s’ils pensent qu’elle ne pourra jamais faire face au volume d’informations personnelles échangées toujours croissant.

La Commission a également annoncé la transformation d’Europol en une Agence de l’Union en 2010, ce qui fera de ce centre de coordination policière de l’UE un organisme de l’Union à part entière. Cela se traduira, d’un point de vue institutionnel, notamment par un financement communautaire et non plus intergouvernemental, un changement de statut pour les agents… Sur la substance, l'extension du mandat d'Europol à toutes les formes graves de criminalité transfrontalière représente un progrès dans le renforcement de la coordination policière en Europe et de la sécurité des citoyens.


L’UE à l’International

La semaine fut tout d’abord marquée par la bilatéralité : L’UE a en effet signé un accord avec le Monténégro sur l’adhésion à l’OMC; engagé un dialogue avec le Brésil; étendu sa coopération avec le Mexique et débuté des négociations avec les États-Unis.
Concernant le Brésil, la Commission européenne a entamé cette semaine un nouveau processus structuré de dialogue, consacré aux politiques sociales. Les deux parties mettront en commun leur savoir dans les domaines de la législation et des politiques et programmes à réaliser afin de parvenir à une meilleure cohésion sociale. Les modalités de ce processus sont inscrites dans un protocole d'accord signé à Bruxelles par le commissaire européen aux affaires sociales, Vladimír Špidla, et le ministre brésilien du développement social et de la lutte contre la faim, Patrus Ananias.
Vladimír Špidla, s'est ensuite envolé pour Mexico dans le but d'y entamer un nouveau dialogue UE-Mexique sur l'emploi et la politique sociale. Les deux partenaires ont échangé leurs connaissances et leurs expériences au regard d'enjeux communs comme la lutte contre la pauvreté et l'amélioration de la cohésion sociale. C'est la première fois que l'UE et le Mexique étendent leur coopération au domaine social.
Surtout, le Conseil à autorisé la Commission à ouvrir des négociations avec les États-Unis en vue de la conclusion d’un accord sur certaines conditions d’accès au programme d’exemption de visa.

Dans le domaine de l’immigration, la Commission a par ailleurs fait part de la création future d’un bureau d’appui en matière d’asile. Ce bureau serait chargé d’apporter un soutien structurel et financier nécessaire à la concrétisation du régime d'asile européen commun.




Constance de PÉLICHY
Pôle Journal




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Cette semaine, la Commission européenne a été particulièrement active dans les domaines de l’économie, de la politique étrangère et de l’environnement.


L’Union Européenne, une union d’abord économique

La semaine a été marquée par de nombreuses décisions de la Commission dans les domaines de la concurrence, ainsi que par quelques résultats économiques.

En matière de concurrence, la Commission a rendu plusieurs décisions par lesquelles elle a autorisé trois rachats de société, et condamné l’Italie pour non-respect des règles de concurrence. Surtout, elle a considéré dans une décision du 8 avril que l’imposition différente de la bière et du vin en Suède n’enfreignait pas le droit de la concurrence et ne constituait donc pas une Taxe d’Effet Equivalent.

Par ailleurs, la Commission a publié le 8 avril les deuxièmes estimations pour le quatrième trimestre 2007 : le PIB de la zone Euro est en hausse de 0,4% et celui des 27 pays de l’Union en hausse de 0,5%. Elle note une stagnation de la consommation privée, mais relève une croissance des investissements et des exportations. En comparaison, on observe une hausse du PIB de 0,1% aux États-Unis et de 0,9% au Japon.

D’autre part, il semblerait que tous les États membres n’aient pas fait un usage licite des aides allouées au titre de la PAC. La Commission a donc annoncé qu’elle allait recouvrer près de 83 millions d’euros correspondant à des dépenses irrégulières.

Enfin, pour améliorer encore les objectifs en termes de libre circulation des personnes et plus particulièrement des travailleurs, problématique au cœur de la construction communautaire, la Commission européenne a présenté le 10 avril un projet de système européen de crédits pour l’enseignement et la formation professionnels. Ce système dénommé ECVET devrait permettre aux citoyens européens d’obtenir plus facilement la reconnaissance officielle de savoirs, d’aptitudes et de compétences acquis dans un autre pays.


L’UE à l’international

La Commission a profité de cette semaine pour apporter son aide financière aux pays victimes de catastrophes. Ainsi, elle a décidé d’allouer 11 millions d’euros aux victimes du conflit tchétchène, près de 90 millions d’euros à la Grèce pour compenser une partie des pertes engendrées par les incendies de l’été précédent et 12 millions aux victimes du cyclone Sidr au Bengladesh.

Elle a rappelé que l'UE devait tenir ses promesses en matière d'aide au développement. Dans sa communication intitulée «L'UE, partenaire global pour le développement», la Commission propose un certain nombre d’actions visant à encourager les États membres à accroître le volume et l'efficacité de l'aide et recense les domaines dans lesquels les politiques communautaires pourraient être mieux coordonnées.

Par ailleurs, l’Union, par l’intermédiaire de Madame Benita Ferrero-Waldner, Commissaire européen responsable des relations extérieures et de la politique européenne de voisinage, a réaffirmé sa volonté de la poursuite de relation bilatérale avec la Tadjikistan. Elle a également félicité le Népal qui, à la suite d’élections historiques, s’engage sur le chemin de la démocratie. De son côté, José Manuel Barroso, dans une allocution au nom de l’UE a fait part de son inquiétude face à l’impasse politique dans laquelle se trouve le Kenya malgré les accords signés le 28 février précédent relatif à la constitution d’un gouvernement de coalition.


L’environnement, au cœur des préoccupations européennes

Le 11 avril, la Commission a annoncé la création de l’Espace Européen de la Recherche (ERAB). Elle a communiqué le nom des 22 personnalités qui composeront le comité l’ERAB. Ces personnalités fourniront à la Commission des conseils indépendants et fiables sur la politique européenne en matière de recherche et de science. L’ERAB devrait jouer un rôle essentiel en contribuant à l’élaboration, à la promotion et à l’évaluation des initiatives et des actions destinées à réaliser les objectifs de l’Espace européen de la recherche. Parmi ses principales tâches, l’ERAB devra remettre à la Commission un rapport annuel sur « l’état de l’Espace européen de la recherche ».

Stavros Dimas, Commissaire chargé de l’environnement et Philippe de Fontaine Vive, Vice-Président de la Banque Européenne d’Investissement, ont présenté conjointement, le 11 avril 2008, les résultats d’une étude sur la dépollution d’un certain nombre de zones sensibles des pays de la Méditerranée. Elle reconnaît la nécessité d’établir un programme pour aider les pays de la Méditerranée orientale et méridionale à réduire leurs rejets polluants en mer. Philippe de Fontaine Vive précise à ce sujet que « la FEMIP est prête à soutenir les pays partenaires méditerranéens dans les investissements financiers nécessaires. »


On fait un zoom sur …
   
Le point fort de la semaine a eu lieu le 11 avril, lorsque la Commission a présenté une grande étude sur les effets de la mondialisation. Les résultats seront examinés à Bruxelles le 16 avril lors d’une conférence qui portera sur les incidences sociales de la mondialisation et sur les moyens de transformer celle-ci en une chance pour l’UE.
Il ressort de l’étude qu’il n’existe aucune preuve que la mondialisation soit à l’origine d’une érosion des acquis sociaux. Elle fait apparaître des progrès dans la direction d’objectifs sociaux largement consensuels et laisse à penser que ce n’est pas l’étendue de la couverture sociale, mais la manière dont elle est mise à profit qui influe le plus sur le succès en matière de concurrence.
Néanmoins, les auteurs de l’étude conviennent de la nécessité de moderniser les politiques sociales et d’investir dans les ressources humaines pour permettre à l’UE d’exploiter au mieux les possibilités offertes par la mondialisation. L’Union et les États membres doivent prendre une série de mesures pratiques :
  • préparer l’économie à la concurrence en investissant dans les activités de l’avenir et en adaptant les structures existantes pour tenir compte des changements climatiques, du vieillissement et de l’apparition de nouvelles sources de concurrence;
  • procéder à des ajustement en douceur dès lors que la mondialisation requerra des changements économiques et sociaux qui entraîneront des coûts et exigeront un redéploiement des ressources;
  • améliorer la gouvernance socio-économique pour faciliter ces échanges dans le contexte de l’UE et de ses États membres.


On garde un œil sur…

Les lundi 14 et mardi 15 avril 2008, le Comité économique et social européen (CESE) organisera une conférence de haut niveau « Avantages et bienfaits de l'euro : L'heure du bilan » pour faire le point avec les organisations socioprofessionnelles et les institutions européennes concernées directement.





Constance de PÉLICHY
Pôle Journal




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La Commission européenne a révélé fin janvier sa proposition de plan de lutte contre changement climatique pour les dix prochaines années.

Ce plan est issu des engagements pris par les chefs d’État en mars 2007 pour réduire de 20% les émissions de GES d’ici à 2020. Cette feuille de route s’articule autour de cinq mesures clés : la réforme du marché du CO2, le partage des réductions de gaz à effet de serre (GES) par pays, le développement du stockage du carbone, la montée en puissance des énergies nouvelles renouvelables (ENR) dans le mix énergétique et l’encadrement des aides d’Etat à l’environnement.

Ce paquet de mesures, très ambitieux, est déjà pointé du doigt pour son coût, estimé à 60milliards €, et jugé exorbitant par les milieux industriels. Cette annonce est le coup d’envoi de négociations marathon pour son adoption d’ici 2010.


UN PLAN AMBITIEUX



José Manuel Barroso:
« un catalogue de mesures pour le climat
et l'énergie qui est extraordinairement
bon et ambitieux
»

Le paquet « Climat - Energie » de la Commission couvre la période 2010-2020, il est destiné à réduire la dépendance énergétique de l’UE tout en mettant en pratique sa volonté de lutter contre le changement climatique. Ce plan poursuit le triple objectif fixé en 2007 :

_ Réduire de 20% les émissions de GES par rapport à leur niveau de 1990

_ Accroître de 20% l’efficacité énergétique

_ Atteindre 20% d’ENR à l’échelle de l’UE et un objectif subsidiaire de 10% de biocarburants pour tous les pays.

 

Un véritable marché européen du carbonne

La réforme du marché du carbone est la mesure phare du nouveau dispositif. Les systèmes nationaux d’échange de quotas CO2 en vigueur depuis 2005 se sont avérés insuffisants pour envoyer au marché un signal prix dissuasif et limiter les émissions. Il est suggéré de l’étendre à de nouveaux secteurs, fortement émetteurs : l’industrie de l’aluminium, la chimie et le transport aérien. Le système gagnera en cohérence et « s’européanisera » : les allocations seront désormais sectorielles et attribuées à l’échelle communautaire. De plus, les émissions seront plafonnées, avec un objectif de ne pas dépasser les 1720 millions de tonnes de CO2 en 2020, soit une baisse de 21% par rapport à 2005. Mais l’évolution la plus marquante et qui rencontre les plus vives contestations est la fin envisagée de la gratuité des quotas. Pour soutenir le prix du carbone, une part croissante de ceux-ci sera mis aux enchères. Les revenus, estimés de 30 à 50 milliards d’euros, reviendront aux Etats et seront alloués aux politiques environnementales.

Des efforts importants mais différenciés

Concernant, les secteurs qui échappent aux systèmes d’échange (transport, logement, agriculture), les États se verront fixer des objectifs contraignants de réduction en fonction de leur niveau de développement (l’indicateur retenu est le PIB/habitant) afin de ne pas compromettre le rattrapage économique des pays les moins avancés, de plus fortement dépendant des énergies fossiles.

En guise d’exemple la France devra diminuer ses émissions de 21% pendant que la Bulgarie pourra les augmenter de 20%.

Un volet énergie très « vert »

Le pilier Énergie vise à accroître la part des ENR dans la moyenne européenne de 8,5 % aujourd’hui à 20 % en 2020 pour concilier respect de l’environnement et indépendance énergétique. Les efforts sont conséquentes : 23% pour la France (x2), 18 % pour l’Allemagne (x3) et 15% pour le Royaume-Uni (x10 !!). Afin de garantir la réussite de ces objectifs, la commission autorise une certaine souplesse en autorisant l’échange volontaire de certificats entre pays : la France pourra, par exemple, financer une installation de biomasse en Pologne.

Malgré la polémique sur leur pertinence environnementale et sociale, les biocarburants restent à l’ordre du jour. Tous les pays devront atteindre 10% de biocarburants en 2020. L’UE promet cependant d’assortir cette mesure de critères pour assurer leur « viabilité environnementale » sans pour autant donner plus de précisions.


DES MESURES EN DÉBAT

Un coût discutable

Les réactions à cette annonce ont, comme de coutume été très contrastées. Si le GIEC juge la proposition de la commission décevante et craint la pression des lobby pour en atténuer la portée ; des voix s’élèvent chez les industriels pour critiquer le coût, estimé par la commission à 60 milliards d’euros d’ici à 2020. La confédération des entreprises finlandaises EK va jusqu’à dénoncer une « politique climatique inefficace au coût exorbitant ».

Les groupes énergétiques prévoient des répercussions pour les particuliers et tablent sur une augmentation du prix de l’électricité de 15% à 20%. Certains États, comme la France, qui espérait un objectif d’ENR de 20%, contestent les chiffres assignés en estimant à 1 milliard d’euros le coût du pourcent supplémentaire. Ces surcoûts immédiats, qui ne représentent que 0,5% du PIB, soit « 3€ par semaine et par citoyen de l’union » pour reprendre les propos de M. BARROSO, sont à mettre en rapport avec le coût, très nettement supérieur, de l’inaction que Nicolas STERN situe entre 5 et 20% du PIB.


Une Commission réaliste

La commission entend faire prévaloir le long sur le court terme tout en rassurant les industriels qui agitent le spectre de la délocalisation face à la concurrence de pays peu regardants sur leurs impacts environnementaux. Une réalité qui amènera la Commission à étudier à horizon 2011 diverses corrections pour garantir la compétitivité des entreprises européennes. Le maintient partiel de la gratuité des quotas CO2 est évoqué, tout comme l’instauration d’une « neutralisation à la frontière », ardemment défendue par le Président SARKOZY, sous forme de taxe ou d’obligation d’achat de quotas par les importateurs. Il s’agit, en somme, d’une des formes possibles de la « taxe carbone » avancée dans le Grenelle de l’environnement.


UN ACCORD RAPIDE POUR UNE CRÉDIBILITÉ RENFORCÉE

Le texte sera soumis à négociation aux vingt-sept et au Parlementent européen pour être adopté dans sa forme définitive au plus tard en mars 2010. Il bénéficie déjà du soutien affiché de plusieurs capitales dont Berlin, via les déclaration de son Ministre de l’environnement : « un catalogue de mesures pour le climat et l’énergie qui est extraordinairement bon et ambitieux [...] maintenant le coup d’envoi a été donné pour que nous allions au bout du marathon que représente la protection du climat ». M. BARROSO a bon espoir d’arriver à un compromis d’ici fin 2008. Le plus tôt sera le mieux, l’UE se devant de montrer par les actes qu’elle est à même de relever le défit du changement climatique et d’envoyer un signal fort dans un contexte international indécis. La France qui prendra la présidence de l’UE dans maintenant six mois aura pour tache de ménager les intérêts divergents des industriels et des capitales. Un accord rapide et unanime renforcera la crédibilité d’une Europe, souvent « donneuse de leçon » dans les sommets internationaux à appliquer à elle même ce qu’elle demandera à ses partenaires dans les prochaines négociations « post-Kyoto » de Poznan en 2008 et Copenhague en 2009.

éoliennes

UNE CHANCE POUR LA COMPÉTITIVITÉ EUROPENNE

Ce plan n’est pas uniquement un combat pour l’environnement mais étalement une chance à saisir pour la recherche et l’industrie européenne d’acquérir un leadership technologique en anticipant les évolutions irrémédiables dictées par les bouleversements climatiques. Il s’agit, non seulement d’une politique environnementale et énergétique, mais également d’une ébauche de politique industrielle à même de fixer les règles qui garantiront dans la décennie à venir un haut niveau de compétitivité à nos entreprises.



Xavier ARNAUD
Pôle Études
Co-responsable Groupe Développement Durable
& Co-développement


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« 2008, quels grands enjeux pour l’Europe ? ». C’était le thème retenu pour le premier rendez-vous des Forums européens du Conseil national de l’UMP, présidé par Jean-Pierre Raffarin, qui s’est tenu le mercredi 23 janvier au Palais Bourbon. L’occasion pour les militants d’échanger à bâtons rompus et sans tabou, avec les responsables de la majorité en charge des questions européennes au premier rang desquels, Jacques Barrot, Vice-président de la Commission européenne et commissaire européen chargé des Transports.


On le savait déjà, l’agenda européen de 2008 sera pour la France plus que chargé. Ainsi, l’année à peine entamée, les députés adoptaient le 16 janvier dernier la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne. Le 29 janvier, ce sera au tour des sénateurs de leur emboîter le pas, avant le grand rendez-vous du 4 février à Versailles où le Congrès du Parlement sera convoqué pour l’adoption définitive de la réforme constitutionnelle. Last but not least, au deuxième semestre de 2008 (toujours!), la présidence tournante de l’Union européenne échoira à la France.

Autant d’évènements majeurs qui seront dûment préparés comme l’a expliqué Jean-Pierre Raffarin en ouverture du premier forum européen du Conseil national de l’UMP : « Nous organiserons plusieurs rencontres mensuelles dont certaines décentralisées dans les régions dites européennes qui nous permettront d’échanger sur les différents grands thèmes européens. Ces débats populaires se poursuivront jusqu’aux élections européennes de 2009 où il ne sera question que d’Europe étant donné que pour la première fois, ce sera la seule élection de l’année ». Une culture du débat dont s’est réjouie pour sa part le Vice-président de la Commission européenne et commissaire en charge des transports, Jacques Barrot : « Il nous faut garder ce goût du débat interne qui reste notre marque de fabrique » a-t-il déclaré avant de détailler les quatre grands défis que la France devra selon lui, relever au cours de sa présidence.

« Une année charnière avec quatre tests majeurs »

Pour Jacques Barrot, « 2008 sera une année charnière avec quatre tests majeurs qui attendent la France. D’abord le test institutionnel notamment dans cette épreuve des ratifications qui a d’ailleurs déjà débuté le 17 décembre avec la Hongrie, en évitant toutefois de buter sur le référendum irlandais. » Pour mémoire, l’Irlande est en effet le seul pays à organiser une consultation publique. En outre, il s’est également prononcé sur les très attendues nominations aux postes de présidents du Conseil européen, de la Commission et du Haut représentant à la politique étrangère et de sécurité commune. « Lors du dernier conseil européen, le choix de cette trinité sera extrêmement difficile. Il faudra bien profiler les postes avant même d’avancer des noms et surtout arbitrer sur l’articulation des différentes fonctions. Le président de l’Union ne devra pas être un frein et il devra par exemple s’assurer à chaque fois le soutien des Etats membres ». La définition des contours de ce poste est il est vrai, un travail délicat et de longue haleine sur lequel les Représentants permanents ont d’ailleurs commencé plancher depuis le début de la semaine en vue de la préparation de l’entrée en vigueur du traité, prévue le 1er janvier 2009.

Parmi les défis identifiés par Jacques Barrot, figurent en bonne place, le changement climatique couplé à la question de l’approvisionnement énergétique, qui nécessitera une négociation avec les pays tiers. En matière de politique extérieure, le responsable de l’exécutif européen a qualifié le Kosovo comme l’une des grandes épreuves de l’Europe. «  Comment assurer l’indépendance de ce pays sans remettre en cause l’adhésion des autres pays balkaniques ? Ce sera là un équilibre difficile à trouver mais il le faut car on sait d’expérience que seule l’adhésion permet d’atténuer les problèmes des minorités que connaissent ces pays ».

Enfin actualité oblige, la crise financière qui secoue actuellement les places boursières mondiales a largement été évoquée. Á ce propos, le commissaire européen a soutenu l’idée d’une plus grande transparence des produits financiers et une meilleure coordination des instruments financiers nationaux.

Un débat ouvert et riche

Ce premier Forum européen s’est clos sur une séance de séances de questions-réponses avec la salle. L’occasion pour tous les responsables et parlementaires : Pierre Lequiller, président de la Délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne Hubert Haenel, président de la Délégation du Sénat pour l’Union européenne mais aussi Alain Lamassoure, député européen, secrétaire national à l’Europe (retrouvez son interview vidéo ci-dessous) de répondre à toutes les interrogations. Politique extérieure, apprentissage des langues étrangères dans nos écoles, défense de la langue française au sein des institutions européennes…de nombreux sujets étaient au cœur des préoccupations. Mais le débat continue et tous ceux qui le souhaitent peuvent d’ores et déjà s’inscrire pour participer aux prochaines rencontres qui auront lieu jusqu’à la présidence française. Le but étant comme aime à le rappeler l’ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin : « de faire de l’Europe un combat d’avenir car c’est la plus belle des politiques ». Dont acte. 

Quel pourrait-être, selon vous, le rôle du futur président du Conseil de l'Union européenne ?
Selon vous qui pourrait incarner ce rôle ? Pouvez-vous nous dire où en est la constitution du Conseil des 12 sages ?

Nafi Bakti
Pôle Journal



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L'Atelier Europe part à la rencontre de la Commission européenne, en la personne de son Vice-président en charge des questions de transport, Monsieur Jacques Barrot. L'entretien sera diffusé par la suite sur le site Internet de l'Atelier.

En accord avec Monsieur Jacques Barrot, nous souhaitons ouvrir ce dialogue à tous les lecteurs de notre journal. Les deux thèmes principaux seront les questions relatives aux transports et, de façon générale, à la Présidence française de l'UE.  Vous pouvez dès à présent adresser les questions à :


Lors de l'entretien, nous ferons part à Monsieur Jacques Barrot des interrogations que vous aurez exprimées.

A vos questions!





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 Après les annonces de la Commission en matière de télécommunication, nous avons demandé à Madame le Député européen Dominique Vlasto membre de la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie du Parlement européen, si "Le secteur des télécommunications avait besoin d'un régulateur européen?"


Cette question concerne directement la nouvelle proposition de Règlement instituant une Autorité européenne du marché des communications électroniques.

A l'initiative de Viviane REDING, Commissaire en charge de la Société de l'information et des médias, cette proposition s'intègre dans ce qu'on appelle communément au Parlement européen le "paquet télécom".

Viviane REDING nous propose aujourd'hui la création d'une autorité indépendante dont la mission serait de fournir à la Commission européenne des avis autorisés sur des matières aussi diverses que la gestion du spectre radioélectrique, la consolidation du marché intérieur, l'accroissement de la sécurité et de l'intégrité des réseaux ou l'indépendance des régulateurs nationaux.

Ces missions nous renvoient directement à celles exercées actuellement par le Groupe des Régulateurs Européen (ERG). Institué en 2004 par la Commission européenne, son rôle est de faciliter la consultation, la coordination et la coopération entre les autorités réglementaires nationales (ARN) et entre ces autorités et la Commission.

Je m'interroge donc sur la nécessité d'une nouvelle autorité. Il me semble que nous pourrions nous contenter de réformer l'actuel ERG et, en définitive, éviter une couche de bureaucratie supplémentaire.

En outre, même si à l'évidence les autorités nationales de régulation sont étroitement impliquées dans la mise en œuvre des propositions de Viviane REDING, elles n'en demeurent pas moins susceptibles de se voir purement et simplement imposées, par la Commission européenne, certains remèdes dont la séparation fonctionnelle qui vise à séparer la partie réseau de la partie services.

Or, s'il appartient aujourd'hui à la Commission européenne d'œuvrer pour un degré accru d'harmonisation des communications électroniques, elle ne doit pas pour autant se substituer aux Etats membres. C'est particulièrement le cas sur les marchés des télécoms qui conservent, de par leur complexité, une forte dimension nationale.

En définitive je suis assez sceptique quant à la pertinence de la création d'une telle autorité dont le bénéfice essentiel reviendrait à accroître les pouvoirs de la Commission européenne.


L'Atelier Europe remercie chaleureusement Madame le Député européen d'avoir participé aux Lundis de l'Europe.



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Le Tribunal de première instance de l'UE a confirmé, pour l'essentiel, la décision de la DG concurrence à l'encontre de Microsoft.
C'est une victoire pour la Commission, mais aussi pour l'Europe car elle indique aux citoyens, comme l'avait déjà affirmé Madame le Commissaire Kroes au moment de ladite décision, en 2004, qu'aucune entreprise n'est assez puissante pour s'exonérer du respect du droit de la concurrence, et partant des règles du Marché intérieur.
Au plus grand bénéfice des consommateurs.

C'est aussi cela la démocratie économique offerte par l'Europe!


Cf: le communiqué du Tribunal:

Jérôme CLOAREC
Responsable du Bureau de Bruxelles


 Madame le Député européen Nicole Fontaine, ancienne Présidente du Parlement européen et membre de la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie répond à notre question de la semaine "Quelles leçons tirer des retards de Galileo? Les entreprises privées et les États peuvent-ils piloter un projet d'intérêt européen ?" :

Lorsqu'en 2005 le projet Galileo a été lancé, il a été annoncé comme un projet clé pour l'Union européenne car il s'agissait de mettre en place d’un système européen de positionnement et radionavigation par satellite, avec la mise en orbite de 30 satellites géostationnaires et la création au sol de centres de contrôle et de mission pour créer les messages de diffusion, détecter les anomalies et améliorer en continue la performance du système.
Il s'agit ainsi de mettre fin au monopole du GPS (Global Positionning System) américain et même de le dépasser avec un degré de précision supérieur. L’enjeu est donc similaire à celui d’Ariane dans le domaine de l’aérospatial ou d’Airbus dans celui de l’aviation : acquérir une indépendance technologique.
La deuxième innovation phare du projet Galileo était son financement, fondé sur un partenariat public-privé.

Initialement, il était prévu de confier d'une part la définition et le développement du système à l’entreprise commune GJU (Galileo Joint Undertaking), une entreprise commune à la Commission européenne et à l’ESA (European Space Agency) – une première dans l’histoire. Et d'autre part, il était prévu de déléguer son déploiement et son exploitation au secteur privé, par le biais d’un contrat de concession.
Selon les termes de la concession, la construction et le lancement du système devait être assurés par un partenariat public-privé (PPP) réunissant l’Union européenne et huit industriels (le géant de l’aérospatiale EADS, les français Thales et Alcatel-Lucent, le britannique Inmarsat, l’italien Finmeccanica, les espagnols AENA et Hispasat et le duo allemand Deutsche Telekom - Centre aérospatial allemand). Selon les termes du PPP initial, le développement et le déploiement des infrastructures de Galileo, dont le coût est estimé à 3,4 Milliards d’euros (pour un coût total de 10 Milliards d’euros si l’on inclut l’exploitation du système), devait être financé à hauteur de un tiers (1 Milliard d’euros) par le budget communautaire et de deux tiers par les industriels formant le consortium.

Deux ans plus tard, et au-delà des problèmes techniques, force est de constater l'échec de cette configuration. Alors que quatre ans de retards ont été accumulés par rapport aux projections initiales, le consortium n’a pas encore établi le contrat répartissant entre ses membres les charges d’investissement.
Plusieurs raisons expliquent cet échec. Tout d’abord, les industriels n'ont pas souhaité investir dans un projet dont les retombées économiques leur semblaient remises en cause– notamment du fait de l’existence du GPS, déjà disponible gratuitement et assurant une couverture quasi mondiale. La part de ce que le privé pourrait financer avait été mal évaluée: actuellement ce n'est plus d'un milliard d'euros financé par le budget communautaire dont on parle mais de 2,5 milliards!

Face au blocage, la Commission, avec le soutien du Parlement européen, envisage de revenir au financement public fondé sur le budget communautaire plutôt que sur des contributions des Etats Membres.
Le passage au financement public, même s’il ne concerne que les phases de développement et de déploiement du système, traduit une évolution de la nature même du programme Galileo. D'un projet de conquête de parts de marché on passe à un projet davantage stratégique, et donc politique, pour l’Europe. Force est de constater que l'absence d'un leadership politique clair a été la cause principale de l'échec du financement public-privé pour un projet européen d'envergure. Cette configuration constituait en soi-même une innovation clé qui aurait pu servir de modèle pour d'autres projets futurs et c'est un échec qu'on ne peut que déplorer.

Quoiqu'il en soit il est urgent que l'Union européenne prenne une décision et parvienne à assurer le lancement de Galileo pour 2012 sans quoi ce projet perdra sa raison même d'être car c'est par son innovation que ce projet se justifie et donnera à l'Europe une avance technologique en matière de radionavigation satellite.



L'Atelier Europe remercie chaleureusement Madame le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe.



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