 | La Turquie revient sur le devant de la scène et certains affirment même que le Président de la République se renie. C'est à Monsieur le Député européen Alain Lamassoure que nous avons posé la question "Nicolas Sarkozy a-t-il fait volte-face sur la Turquie?" |
Non. Seuls l’ont cru ceux qui préféraient ne pas l’écouter. Il s’est exprimé très clairement sur le sujet dans son discours devant la Conférence des ambassadeurs, fin août, et de nouveau le 10 septembre, devant les journalistes allemands, en présence d’Angela Merkel : son objectif est de réorienter les négociations engagées par l’Europe avec la Turquie vers un partenariat privilégié à la place de l’adhésion. Il l’a dit catégoriquement au Premier Ministre turc Erdogan.
Sur le fond, la question est donc réglée. Elle l’est d’autant plus que, depuis la campagne référendaire en France et aux Pays-Bas, et depuis que le nouveau Président français a eu le courage de dire tout haut ce que tant de citoyens pensent tout bas, les opinions publiques se sont réveillées un peu partout en Europe, et leurs dirigeants sont devenus eux-mêmes beaucoup plus circonspects.
La question qui se pose maintenant est de savoir comment on passe d’une négociation à l’autre – l’intérêt de tout le monde étant d’éviter une crise politique majeure entre l’Europe (et notamment la France) et la Turquie, à qui nos prédécesseurs avaient des promesses aussi imprudentes que précises. En pleine cohérence avec sa position, le nouveau Président français accepte que l’on ouvre avec la Turquie les chapitres de la négociation qui prévoient une coopération indépendamment de l’adhésion (commerce, transports, environnement, etc), mais il s’est opposé à l’ouverture des autres (monnaie, par exemple). En même temps, il suggère la mise en place d’un Comité des sages pour réfléchir aux frontières ultimes de l’Union, et il propose à tous les pays riverains de la Méditerranée d’étudier la possibilité d’une Union méditerranéenne, différente de l’Union européenne, mais prenant en compte l’originalité de la relation nord-sud. C’est ce qu’on appelle chercher une sortie de crise par le haut.
L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il lui apporte.
Nous vous invitons à le retrouver sur son site.